Texte I
Les réseaux d’assainissement :
petite histoire et fonctionnement
Attachant une grande importance à la qualité de l’eau, les Romains ont construit des aqueducs, des thermes, des égouts et des latrines.
Une ville romaine était d’abord bâtie sur l’établissement de services d’évacuation, qui avec le temps furent couverts et enterrés pour des raisons d’odeur et de salubrité.
Au Moyen-Âge, tous les déchets domestiques solides et liquides sont jetés dans la rue et dispersés au hasard. Pour se protéger des chutes d’immondices diverses, les plus riches utilisent un carrosse. Les gens aisés utilisent la chaise à porteur pour ne pas salir leurs chaussures ou le bas de leur vêtement dans le cloaque que sont alors les rues.
Cette situation dure globalement jusqu’au XVIIIe siècle. Les épidémies en ville sont fréquentes : peste, choléra et typhus tuent des milliers de personnes chaque année en Europe.
C’est lors de la seconde moitié du XIXe siècle que s’élabore la conception moderne de l’assainissement. John Snow découvrit la véritable origine du choléra lors de l’épidémie de 1854 à Londres. Le mouvement hygiéniste, né en Angleterre, préconise alors de collecter les eaux urbaines et de les mener, par des canalisations enterrées, jusqu’à des sites de rejets en milieu naturel
Les villes ont été assainies par la réalisation de réseaux d’égouts destinés à recevoir et à transporter l’ensemble des eaux, y compris les eaux de pluie.
La croissance continue de l’urbanisation (accroissement démographique et développement industriel) a engendré une dégradation importante des milieux naturels qui se trouvaient en aval des sites de rejet de ces réseaux. La nécessité d’assainir les eaux usées des villes avant leur restitution au milieu a donc fini par s’imposer.
On est alors passé d’une logique de l’éloignement de l’eau usée à une logique de collecte et de traitement de cette eau.
Internet : <www.lerm.fr> (texte adapté)
Texte III
L’eau et l’assainissement dans les villes du monde
Dans les villes de l’hémisphère Nord, l’eau est omniprésente : dans la sphère privée, il suffit d’ouvrir le robinet pour disposer d’une eau potable et abondante; dans le domaine public, les rues, les parcs, les jardins sont jalonnés de fontaines et points d’eau divers et les piscines ne manquent pas.
Cette facilité d’approvisionnement en eau potable est la marque distinctive des pays matériellement les plus développés. Il y a plusieurs siècles, ces pays se sont lancés à la conquête de l’eau, au nom du bien-être, de l’hygiène et de la santé : petit à petit, les progrès scientifiques et techniques ont permis de créer des réseaux destinés à l’alimentation en eau potable et à l’évacuation des eaux usées et pluviales ; petit à petit, l’eau courante, la salle d’eau ou salle de bains avec la fameuse trilogie « bidets, lavabo, baignoire et/ou douche »,
sont entrées dans les moeurs.
Dans les villes du Tiers Monde et plus particulièrement dans les quartiers défavorisés, les besoins en eau potable et en assainissement ne sont pas couverts ou partiellement, entraînant une détérioration de la qualité de la vie et une multiplication des maladies hydriques. Selon les estimations des Nations Unies, en 2025, la population mondiale atteindra 8,5 milliards. Près de la moitié des hommes vivront
alors dans les villes des pays en développement; près de la moitié de ceux-ci seront des citadins vivant dans les quartiers défavorisés.
Compte tenu des besoins actuels et de l’accroissement rapide de la population, la question de l’accès à une eau saine et à l’assainissement se pose donc avec une priorité particulière.
Internet : <www.globenet.org> (texte adapté).
Jugez l'item à partir du Texte III et, sur demande, également à partir du Texte I.
En ce qui concerne la santé publique, on peut conclure, à partir des textes I et III, que les conséquences du manque d’assainissement dans les villes du Tiers Monde aujourd’hui sont semblables à celles connues dans les villes de l’Europe au XVIIIe siècle.