La dictée de Pivot
A propos du succès des dictées de Bernard Pivot,
l’émission “Les dicos d’or” en était hier à sa 17ème édition.
Ecoutez, c’est une sorte de folie des français! Folie douce et
sympathique. Mais faut être un tout petit peu maso pour
aimer notre langue. Même dans ses pires difficultés.
Dans ses incohérences, ses exceptions innombrables,
dont sont truffées les dictées de Pivot. Sans aller chercher
aussi loin que lui, pourquoi faut-il écrire chariot avec un R,
et charrette avec 2? Si quelqu’un connaît la réponse, qu’il
nous la dise ! Parfois il n’y a aucune raison logique à ces
pièges, si ce n’est une erreur d’écriture commise par l’un de
nos ancêtres. Et que nous conservons pieusement, avec
respect, et amour.
Faut dire que ces orthographes un peu fantaisistes
ont un avantage pratique: elles permettent de distinguer du
premier coup d’œil, les bons élèves, ou les anciens bons
élèves, des mauvais. Et ce n’est pas demain que la réforme de
l’orthographe, qui a plus de 20 ans, s’imposera.
Pour certains puristes, écrire allègement avec un
accent grave, au lieu d’un accent aigu, c’est toujours une
faute — presque un drame! Alors selon les linguistes, tout
cela présenterait un grave inconvénient. A force
d’intransigeance paraît-il, nous découragerions les étrangers.
La difficulté du français porterait tort à son rayonnement. Qui
aurait envie d’apprendre une langue pleine de
chausse-trappes? (trappe qui peut s’écrire avec 1 ou 2 P
d’ailleurs d’après le dico).
Le français, vu de l’étranger, aurait un petit parfum
de luxe. Réservé à une élite. A l’étranger peut-être. Mais
chez nous, c’est devenu un sport national, pratiqué dans tous
les milieux.
Janine Perrimond. C’est juste mon avis (avec adaptation).
Dans le texte IV, il est possible de remplacer, sans changer le sens, mais en changeant de registre, et tout en conservant la correction grammaticale,
“chausse-trappes” (l.26) par embûche.