Les ancêtres du foot
Le jeu de balle, exercice d'adresse, martial, ou rituel lié aux astres, a fait tourner en rond les plus anciennes civilisations. Avec, très tôt, un même attrait pour la difficulté de ne jouer que du pied.
En Orient, il s’agissait d’un art martial chinois. Alors, les précurseurs sur ce terrain ne sont pas les Italiens ou les Brésiliens mais les Chinois. Deux siècles av. J.-C., des récits et dessins évoquent le jeu et les règles du "Cuju". Une boule de cuir remplie de plumes ou de cheveux devait être envoyée du pied dans un petit filet fixé à de longs poteaux de bambous. L'armée chinoise l'adopte "pour renforcer la combativité des soldats". Six siècles plus tard, au Japon, c'est un jeu moins martial et plus cérémoniel qui se développe: le "Kemari", consistant à se passer et à maintenir le ballon en l'air le plus longtemps possible.
De l'autre côté du globe, en Amérique latine, chez les Olmèques et les Mayas, on trouve des traces d'un jeu de balle à caractère rituel, dit "Pok-A-Tok", et ce dès le 2ème millénaire av. J.-C. Sur un terrain délimité par des parois inclinées, deux équipes de 7 joueurs s'affrontent afin de toucher ou de faire passer une boule de caoutchouc dans un mince anneau, sans utiliser les mains. Ce spectacle évoquant les astres et la création du monde couronnait de gloire le vainqueur et s'achevait parfois par le sacrifice du perdant.
En Europe, le ballon captive aussi les athlètes grecs, dribblant avec des vessies de porcs gonflées et enveloppées dans du cuir ou avec des balles de mousse en éponge naturelle. Ce sport, dit "Episkyros", sera repris par les Romains sous une forme plus proche du rugby, dit "Harpastum", que Jules César aurait lui-même pratiqué. En Gaule, les druides développent le "Soule", évoquant le soleil, qui se propage en Normandie puis vers la Grande-Bretagne, où va naître le football moderne.
Adapté de L’Internaute Histoire du 29/06/2006.
À partir du titre, on constate déjà que le sujet du texte traite d’un(e)