La révolution de la longévité
Dans nos sociétés occidentales, le vieillissement − de l’individu comme des populations − est un phénomène très récent. Depuis le début du XXe siècle, avec la baisse de la mortalité infantile, puis la chute des naissances et le recul en âge de la mort, notre espérance de vie s’est (presque) grande ouverte. Ainsi, la société d’aujourd’hui est-elle multi et intergénérationnelle. Dans une même famille, quatre générations peuvent se côtoyer, demain elles seront cinq. Un enfant né en 2000 (et peut-être unique) risquera fort de se perdre dans le décompte de ses aïeux, à l’inverse des siècles précédents, où les plus âgés se perdaient dans l’évaluation de leur progéniture.
L’âge n’est plus le critère déterminant de nos modes de vie, et l’on assiste à une véritable mutation des réseaux institutionnels, familiaux, relationnels. Le vieillissement de l’organisme, processus physiologique hétérogène et continu, est programmé dès notre naissance: notre âge biologique maximum se situerait − si tout va bien − autour de 120 ans, ou même 150 ans, selon certains chercheurs! Les progrès constants de la médecine, les améliorations de notre mode de vie, de notre alimentation, nous font approcher de plus en plus cette limite programmée.
Si l’on considère la population charnière que constituent aujourd’hui les seniors, c’est-à-dire la tranche 50-70 ans, elle est riche de perspectives. Fait révélateur, c’est juste au milieu de cette tranche d’âge qu’intervient le passage à la retraite: doit-on penser qu’aux yeux de la société il ne s’agit plus d’un effet couperet? Ce que l’on appelle aujourd’hui “la révolution de la longévité” ou “révolution grise” concerne bien les 50-70 ans.
Au siècle der nier, à cet âge-là on était vieux et “hors système”; de nos jours on est un senior, pas plus mal inséré qu’un jeune dans la société, et l’on pense qu’être âgé, cela ne commence que beaucoup plus tard. Souvent décrite comme “génération-pivot”, cette tranche d’âge est la première à ouvrir le cadeau du siècle: cette période située entre jeunesse et vieillesse. Les seniors sont actifs, dynamiques, bons consommateurs. A ce titre ils représentent une population qu’on observe à la loupe.
La retraite? Presque considérée comme un nouveau départ, elle est anticipée, préparée, voire souhaitée. Seule ombre au tableau mais de taille: le montant et le système en vigueur. En 2040 il y aura en France quatre inactifs pour un actif. D’où l’actualité permanente de la question: qui paiera? La question reste ouverte.
Après cette période où l’on est un senior, le nouveau cap à franchir, c’est la grande vieillesse. Et la qualité de la vie de ceux qui sont “au bout du rouleau”. Le maître mot auquel on ne peut échapper sera la “solidarité”, pour permettre aux vieillards de rester autonomes jusqu’au bout. Une dure mission… d’autant que, faute de soutiens financiers et de structures sociales adaptées, on compte encore beaucoup sur la famille et l’entourage.
Le phénomène de la longévité s’accélère, tandis que nous vieillissons plus lentement… c’est à la fois un paradoxe et, pour nos sociétés, un véritable casse-tête. Mais c’est un fait, et un formidable acquis à l’échelle humaine. Pour le reste, Sénèque l’avait dit, il y a deux mille ans: “la vie ressemble à un conte: ce qui importe ce n’est pas sa longueur, c’est sa valeur.”.
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On dit que les seniors constituent aujourd’hui une population charnière.
Cette désignation se justifie car c’est une population qui a la caractéristique centrale suivante: