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2646496 Ano: 2015
Disciplina: Francês (Língua Francesa)
Banca: CESPE / CEBRASPE
Orgão: IRB
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Artisan d’une langue classique, précise et sobre, distincte du créole employé au Cap-Vert, en Guinée-Bissau et en Guinée-Equatoriale, mais cousine du portugais chaud et épicé parlé en Angola et au Brésil, Couto en revendique l’usage avec beaucoup d’humilité. « Le portugais mozambicain — ou encore, en ce moment, le portugais du Mozambique — est lui-même un lieu de conflits et d’ambiguïtés. L’adhésion mozambicaine à la lusophonie est chargée de réserves, de refus apparents, d’approbations méfiantes », expliquait-il en 2001 à l’occasion d’un discours prononcé à l’université de Faro, au Portugal. António Emílio Leite Couto, surnommé Mia lorsqu’il était enfant parce qu’il aimait les chats, affectionne les positions défavorables et les contradictions productrices de sens. Il poursuit: « Je suis un Blanc qui est africain; un athée non pratiquant; un poète qui écrit en prose; un homme qui a un nom de femme; un scientifique qui a peu de certitudes sur la science; un écrivain en terre d’oralité. » (...) « J’appartiens à une tribu quasiment éteinte. Nous sommes aujourd’hui deux à trois mille. » A la lecture de son oeuvre, on comprend que ces considérations ethniques lui importent peu, car pour lui « chaque homme est une race », et c’est sans doute là son unique doctrine politique. (...)
En 1975, plus de 80% des habitants ne parlaient pas le portugais; ils seraient encore 60% aujourd’hui. En songeant à la proximité de l’Afrique du Sud, du Zimbabwe, de la Zambie et de la Tanzanie anglophones, les responsables du Front de libération du Mozambique (Frelimo) avaient été tentés d’adopter l’anglais comme langue officielle pour effacer toute trace de la présence portugaise. Lors du premier congrès du mouvement nationaliste, en 1962, cette question fut débattue. La décision (rédigée en anglais...) de faire du portugais un véhicule de communication entre les diverses ethnies et une langue d’unification du pays signa la transformation revendiquée d’un instrument de domination coloniale en son contraire. « Le portugais a été adopté non pas comme un héritage, mais comme le plus important trophée de guerre », observe Couto, faisant écho au mot fameux de l’écrivain algérien Kateb Yacine: « La langue française a été et reste un butin de guerre. » C’est ainsi que « le gouvernement mozambicain a plus fait pour la langue portugaise que des siècles de colonisation, pour son propre intérêt national, pour la défense de la cohésion interne, pour la construction de sa propre intériorité ». (...)
En 1975, quarante et une de ces langues indigènes furent reconnues « langues nationales » par la Constitution nouvelle, le portugais ayant été retenu comme « langue officielle ». (...) L’oeuvre de Couto est née dans ce champ magnétique linguistique inédit: l’idiome portugais n’est pas la langue des Mozambicains, il est la langue de la « mozambicanité ». Une utopie? Le pays en avait besoin au terme de la guerre civile, qui a duré de 1976 à 1992 et fait un million de morts. (...)
Accompagnant la naissance d’une nation dont il a voulu qu’elle grandisse comme un poème, Couto a entrepris de « mozambicaner » le portugais, comme Mário de Andrade et les modernistes de São Paulo l’avaient « brésilianisé » dans le premier quart du XXe siècle, afin d’inventer un imaginaire politique et littéraire autochtone. (…)
Avec des mots qu’il semble redécouvrir à chaque fois qu’il tape une lettre sur son clavier, cet écrivain a le don de rendre sensible la relation entre les hommes et la terre, concrets les rêves des enfants et presque supportable le poids du malheur. « J’écris pour être heureux. La poétesse portugaise Sophia de Mello Breyner racontait des histoires pour que ses enfants souffrants s’endorment. J’écris pour endormir un monde qui me paraît souffrant. Et ainsi j’invente des histoires. ».(...)
Sébastien Lapaque. L’interprète du Mozambique. In: Le Monde diplomatique, février 2015. (adapté).
Jugez, pour le texte, si le item suivant sont vrai (C) ou faux (E).
Pour Mia Couto, « mozambicaner », la langue portugaise, c’est la rendre plus proche du brésilien comme l’avait fait Mario de Andrade et les modernistes de São Paulo.
 

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2646495 Ano: 2015
Disciplina: Francês (Língua Francesa)
Banca: CESPE / CEBRASPE
Orgão: IRB
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Aucun homme n’a reçu de la nature le droit de commander aux autres. La liberté est un présent du ciel, et chaque individu de la même espèce a le droit d’en jouir aussitôt qu’il jouit de la raison. Si la nature a établi quelque autorité, c’est la puissance paternelle: mais la puissance paternelle a ses bornes; et dans l’état de nature elle finirait aussitôt que les enfants seraient en état de se conduire. Toute autre autorité vient d’une autre origine que la nature. Qu’on examine bien et on la fera toujours remonter à l’une de ces deux sources: ou la force et la violence de celui qui s’en est emparé, ou le consentement de ceux qui s’y sont soumis par un contrat fait ou supposé entre eux et celui à qui ils ont déféré l’autorité.
La puissance qui s’acquiert par la violence n’est qu’une usurpation et ne dure qu’autant que la force de celui qui commande l’emporte sur celle de ceux qui obéissent; en sorte que si ces derniers deviennent à leur tour les plus forts, et qu’ils secouent le joug, ils le font avec autant de droit et de justice que l’autre qui le leur avait imposé. La même loi qui a fait l’autorité la défait alors: c’est la loi du plus fort.
Quelquefois l’autorité qui s’établit par la violence change de nature; c’est lorsqu’elle continue et se maintient du consentement exprès de ceux qu’on a soumis: mais elle rentre par-là dans la seconde espèce dont je vais parler; et celui qui se l’était arrogé devenant alors prince cesse d’être tyran.
La puissance qui vient du consentement des peuples suppose nécessairement des conditions qui en rendent l’usage légitime utile à la société, avantageux à la république, et qui la fixent et la restreignent entre des limites; car l’homme ne peut ni ne doit se donner entièrement et sans réserve à un autre homme, parce qu’il a un maître supérieur au-dessus de tout, à qui seul il appartient tout entier. C’est Dieu dont le pouvoir est toujours immédiat sur la créature, maître aussi jaloux qu’absolu, qui ne perd jamais de ses droits et ne les communique point. Il permet pour le bien commun et le maintien de la société que les hommes établissent entre eux un ordre de subordination, qu’ils obéissent à l’un d’eux; mais il veut que ce soit par raison et avec mesure, et non pas aveuglément et sans réserve, afin que la créature ne s’arroge pas les droits du créateur. Toute autre soumission est le véritable crime d’idolâtrie. Fléchir le genou devant un homme ou devant une image n’est qu’une cérémonie extérieure, dont le vrai Dieu qui demande le coeur et l’esprit ne se soucie guère, et qu’il abandonne à l’institution des hommes pour en faire, comme il leur conviendra, des marques d’un culte civil et politique, ou d’un culte de religion. Ainsi ce ne sont pas ces cérémonies en elles-mêmes, mais l’esprit de leur établissement qui en rend la pratique innocente ou criminelle. Un Anglais n’a point de scrupule à servir le roi genou en terre; le cérémonial ne signifie que ce qu’on a voulu qu’il signifiât, mais livrer son coeur, son esprit et sa conduite sans aucune réserve à la volonté et au caprice d’une pure créature, en faire l’unique et dernier motif de ses actions, c’est assurément un crime de lèse-majesté divine au premier chef…
Le prince tient de ses sujets mêmes l’autorité qu’il a sur eux; et cette autorité est bornée par les lois de la nature et de l’État… Le prince ne peut donc pas disposer de son pouvoir et de ses sujets sans le consentement de la nation et indépendamment du choix marqué par le contrat de soumission… Les conditions de ce pacte sont différentes dans les différents États. Mais partout la nation est en droit de maintenir envers et contre tout le contrat qu’elle a fait; aucune puissance ne peut le changer; et quand il n’a plus lieu, elle rentre dans le droit et dans la pleine liberté d’en passer un nouveau avec qui et comme il lui plaît. C’est ce qui arriverait en France si, par le plus grand des malheurs, la famille entière régnante venait à s’éteindre jusque dans ses moindres rejetons: alors le spectre et la couronne retourneraient à la nation.
Diderot. Autorité politique. L’Encyclopédie. Lagarde et Michard XVIII.
En ce qui concerne le texte, jugez si le item suivant sont vrais (C) ou faux (E).
L’adjectif « quelque » marque dans le texte l’indifférence, la quantité indéterminée.
 

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2646494 Ano: 2015
Disciplina: Francês (Língua Francesa)
Banca: CESPE / CEBRASPE
Orgão: IRB
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Aucun homme n’a reçu de la nature le droit de commander aux autres. La liberté est un présent du ciel, et chaque individu de la même espèce a le droit d’en jouir aussitôt qu’il jouit de la raison. Si la nature a établi quelque autorité, c’est la puissance paternelle: mais la puissance paternelle a ses bornes; et dans l’état de nature elle finirait aussitôt que les enfants seraient en état de se conduire. Toute autre autorité vient d’une autre origine que la nature. Qu’on examine bien et on la fera toujours remonter à l’une de ces deux sources: ou la force et la violence de celui qui s’en est emparé, ou le consentement de ceux qui s’y sont soumis par un contrat fait ou supposé entre eux et celui à qui ils ont déféré l’autorité.
La puissance qui s’acquiert par la violence n’est qu’une usurpation et ne dure qu’autant que la force de celui qui commande l’emporte sur celle de ceux qui obéissent; en sorte que si ces derniers deviennent à leur tour les plus forts, et qu’ils secouent le joug, ils le font avec autant de droit et de justice que l’autre qui le leur avait imposé. La même loi qui a fait l’autorité la défait alors: c’est la loi du plus fort.
Quelquefois l’autorité qui s’établit par la violence change de nature; c’est lorsqu’elle continue et se maintient du consentement exprès de ceux qu’on a soumis: mais elle rentre par-là dans la seconde espèce dont je vais parler; et celui qui se l’était arrogé devenant alors prince cesse d’être tyran.
La puissance qui vient du consentement des peuples suppose nécessairement des conditions qui en rendent l’usage légitime utile à la société, avantageux à la république, et qui la fixent et la restreignent entre des limites; car l’homme ne peut ni ne doit se donner entièrement et sans réserve à un autre homme, parce qu’il a un maître supérieur au-dessus de tout, à qui seul il appartient tout entier. C’est Dieu dont le pouvoir est toujours immédiat sur la créature, maître aussi jaloux qu’absolu, qui ne perd jamais de ses droits et ne les communique point. Il permet pour le bien commun et le maintien de la société que les hommes établissent entre eux un ordre de subordination, qu’ils obéissent à l’un d’eux; mais il veut que ce soit par raison et avec mesure, et non pas aveuglément et sans réserve, afin que la créature ne s’arroge pas les droits du créateur. Toute autre soumission est le véritable crime d’idolâtrie. Fléchir le genou devant un homme ou devant une image n’est qu’une cérémonie extérieure, dont le vrai Dieu qui demande le coeur et l’esprit ne se soucie guère, et qu’il abandonne à l’institution des hommes pour en faire, comme il leur conviendra, des marques d’un culte civil et politique, ou d’un culte de religion. Ainsi ce ne sont pas ces cérémonies en elles-mêmes, mais l’esprit de leur établissement qui en rend la pratique innocente ou criminelle. Un Anglais n’a point de scrupule à servir le roi genou en terre; le cérémonial ne signifie que ce qu’on a voulu qu’il signifiât, mais livrer son coeur, son esprit et sa conduite sans aucune réserve à la volonté et au caprice d’une pure créature, en faire l’unique et dernier motif de ses actions, c’est assurément un crime de lèse-majesté divine au premier chef…
Le prince tient de ses sujets mêmes l’autorité qu’il a sur eux; et cette autorité est bornée par les lois de la nature et de l’État… Le prince ne peut donc pas disposer de son pouvoir et de ses sujets sans le consentement de la nation et indépendamment du choix marqué par le contrat de soumission… Les conditions de ce pacte sont différentes dans les différents États. Mais partout la nation est en droit de maintenir envers et contre tout le contrat qu’elle a fait; aucune puissance ne peut le changer; et quand il n’a plus lieu, elle rentre dans le droit et dans la pleine liberté d’en passer un nouveau avec qui et comme il lui plaît. C’est ce qui arriverait en France si, par le plus grand des malheurs, la famille entière régnante venait à s’éteindre jusque dans ses moindres rejetons: alors le spectre et la couronne retourneraient à la nation.
Diderot. Autorité politique. L’Encyclopédie. Lagarde et Michard XVIII.
En ce qui concerne le texte, jugez si le item suivant sont vrais (C) ou faux (E).
Le mot, « partout » fait ici référence à tous les États du monde.
 

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2646493 Ano: 2015
Disciplina: Francês (Língua Francesa)
Banca: CESPE / CEBRASPE
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Aucun homme n’a reçu de la nature le droit de commander aux autres. La liberté est un présent du ciel, et chaque individu de la même espèce a le droit d’en jouir aussitôt qu’il jouit de la raison. Si la nature a établi quelque autorité, c’est la puissance paternelle: mais la puissance paternelle a ses bornes; et dans l’état de nature elle finirait aussitôt que les enfants seraient en état de se conduire. Toute autre autorité vient d’une autre origine que la nature. Qu’on examine bien et on la fera toujours remonter à l’une de ces deux sources: ou la force et la violence de celui qui s’en est emparé, ou le consentement de ceux qui s’y sont soumis par un contrat fait ou supposé entre eux et celui à qui ils ont déféré l’autorité.
La puissance qui s’acquiert par la violence n’est qu’une usurpation et ne dure qu’autant que la force de celui qui commande l’emporte sur celle de ceux qui obéissent; en sorte que si ces derniers deviennent à leur tour les plus forts, et qu’ils secouent le joug, ils le font avec autant de droit et de justice que l’autre qui le leur avait imposé. La même loi qui a fait l’autorité la défait alors: c’est la loi du plus fort.
Quelquefois l’autorité qui s’établit par la violence change de nature; c’est lorsqu’elle continue et se maintient du consentement exprès de ceux qu’on a soumis: mais elle rentre par-là dans la seconde espèce dont je vais parler; et celui qui se l’était arrogé devenant alors prince cesse d’être tyran.
La puissance qui vient du consentement des peuples suppose nécessairement des conditions qui en rendent l’usage légitime utile à la société, avantageux à la république, et qui la fixent et la restreignent entre des limites; car l’homme ne peut ni ne doit se donner entièrement et sans réserve à un autre homme, parce qu’il a un maître supérieur au-dessus de tout, à qui seul il appartient tout entier. C’est Dieu dont le pouvoir est toujours immédiat sur la créature, maître aussi jaloux qu’absolu, qui ne perd jamais de ses droits et ne les communique point. Il permet pour le bien commun et le maintien de la société que les hommes établissent entre eux un ordre de subordination, qu’ils obéissent à l’un d’eux; mais il veut que ce soit par raison et avec mesure, et non pas aveuglément et sans réserve, afin que la créature ne s’arroge pas les droits du créateur. Toute autre soumission est le véritable crime d’idolâtrie. Fléchir le genou devant un homme ou devant une image n’est qu’une cérémonie extérieure, dont le vrai Dieu qui demande le coeur et l’esprit ne se soucie guère, et qu’il abandonne à l’institution des hommes pour en faire, comme il leur conviendra, des marques d’un culte civil et politique, ou d’un culte de religion. Ainsi ce ne sont pas ces cérémonies en elles-mêmes, mais l’esprit de leur établissement qui en rend la pratique innocente ou criminelle. Un Anglais n’a point de scrupule à servir le roi genou en terre; le cérémonial ne signifie que ce qu’on a voulu qu’il signifiât, mais livrer son coeur, son esprit et sa conduite sans aucune réserve à la volonté et au caprice d’une pure créature, en faire l’unique et dernier motif de ses actions, c’est assurément un crime de lèse-majesté divine au premier chef…
Le prince tient de ses sujets mêmes l’autorité qu’il a sur eux; et cette autorité est bornée par les lois de la nature et de l’État… Le prince ne peut donc pas disposer de son pouvoir et de ses sujets sans le consentement de la nation et indépendamment du choix marqué par le contrat de soumission… Les conditions de ce pacte sont différentes dans les différents États. Mais partout la nation est en droit de maintenir envers et contre tout le contrat qu’elle a fait; aucune puissance ne peut le changer; et quand il n’a plus lieu, elle rentre dans le droit et dans la pleine liberté d’en passer un nouveau avec qui et comme il lui plaît. C’est ce qui arriverait en France si, par le plus grand des malheurs, la famille entière régnante venait à s’éteindre jusque dans ses moindres rejetons: alors le spectre et la couronne retourneraient à la nation.
Diderot. Autorité politique. L’Encyclopédie. Lagarde et Michard XVIII.
En ce qui concerne le texte, jugez si le item suivant sont vrais (C) ou faux (E).
La phrase « Le prince tient de ses sujets mêmes l’autorité qu’il a sur eux » signifie que le prince est le garant de l’autorité qu’il exerce sur ces sujets.
 

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2646492 Ano: 2015
Disciplina: Francês (Língua Francesa)
Banca: CESPE / CEBRASPE
Orgão: IRB
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Aucun homme n’a reçu de la nature le droit de commander aux autres. La liberté est un présent du ciel, et chaque individu de la même espèce a le droit d’en jouir aussitôt qu’il jouit de la raison. Si la nature a établi quelque autorité, c’est la puissance paternelle: mais la puissance paternelle a ses bornes; et dans l’état de nature elle finirait aussitôt que les enfants seraient en état de se conduire. Toute autre autorité vient d’une autre origine que la nature. Qu’on examine bien et on la fera toujours remonter à l’une de ces deux sources: ou la force et la violence de celui qui s’en est emparé, ou le consentement de ceux qui s’y sont soumis par un contrat fait ou supposé entre eux et celui à qui ils ont déféré l’autorité.
La puissance qui s’acquiert par la violence n’est qu’une usurpation et ne dure qu’autant que la force de celui qui commande l’emporte sur celle de ceux qui obéissent; en sorte que si ces derniers deviennent à leur tour les plus forts, et qu’ils secouent le joug, ils le font avec autant de droit et de justice que l’autre qui le leur avait imposé. La même loi qui a fait l’autorité la défait alors: c’est la loi du plus fort.
Quelquefois l’autorité qui s’établit par la violence change de nature; c’est lorsqu’elle continue et se maintient du consentement exprès de ceux qu’on a soumis: mais elle rentre par-là dans la seconde espèce dont je vais parler; et celui qui se l’était arrogé devenant alors prince cesse d’être tyran.
La puissance qui vient du consentement des peuples suppose nécessairement des conditions qui en rendent l’usage légitime utile à la société, avantageux à la république, et qui la fixent et la restreignent entre des limites; car l’homme ne peut ni ne doit se donner entièrement et sans réserve à un autre homme, parce qu’il a un maître supérieur au-dessus de tout, à qui seul il appartient tout entier. C’est Dieu dont le pouvoir est toujours immédiat sur la créature, maître aussi jaloux qu’absolu, qui ne perd jamais de ses droits et ne les communique point. Il permet pour le bien commun et le maintien de la société que les hommes établissent entre eux un ordre de subordination, qu’ils obéissent à l’un d’eux; mais il veut que ce soit par raison et avec mesure, et non pas aveuglément et sans réserve, afin que la créature ne s’arroge pas les droits du créateur. Toute autre soumission est le véritable crime d’idolâtrie. Fléchir le genou devant un homme ou devant une image n’est qu’une cérémonie extérieure, dont le vrai Dieu qui demande le coeur et l’esprit ne se soucie guère, et qu’il abandonne à l’institution des hommes pour en faire, comme il leur conviendra, des marques d’un culte civil et politique, ou d’un culte de religion. Ainsi ce ne sont pas ces cérémonies en elles-mêmes, mais l’esprit de leur établissement qui en rend la pratique innocente ou criminelle. Un Anglais n’a point de scrupule à servir le roi genou en terre; le cérémonial ne signifie que ce qu’on a voulu qu’il signifiât, mais livrer son coeur, son esprit et sa conduite sans aucune réserve à la volonté et au caprice d’une pure créature, en faire l’unique et dernier motif de ses actions, c’est assurément un crime de lèse-majesté divine au premier chef…
Le prince tient de ses sujets mêmes l’autorité qu’il a sur eux; et cette autorité est bornée par les lois de la nature et de l’État… Le prince ne peut donc pas disposer de son pouvoir et de ses sujets sans le consentement de la nation et indépendamment du choix marqué par le contrat de soumission… Les conditions de ce pacte sont différentes dans les différents États. Mais partout la nation est en droit de maintenir envers et contre tout le contrat qu’elle a fait; aucune puissance ne peut le changer; et quand il n’a plus lieu, elle rentre dans le droit et dans la pleine liberté d’en passer un nouveau avec qui et comme il lui plaît. C’est ce qui arriverait en France si, par le plus grand des malheurs, la famille entière régnante venait à s’éteindre jusque dans ses moindres rejetons: alors le spectre et la couronne retourneraient à la nation.
Diderot. Autorité politique. L’Encyclopédie. Lagarde et Michard XVIII.
En ce qui concerne le texte, jugez si le item suivant sont vrais (C) ou faux (E).
« quand il n’a plus lieu » fait référence au moment où le contrat entre la nation et le prince n’existe plus pour une raison quelconque.
 

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2646491 Ano: 2015
Disciplina: Francês (Língua Francesa)
Banca: CESPE / CEBRASPE
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Aucun homme n’a reçu de la nature le droit de commander aux autres. La liberté est un présent du ciel, et chaque individu de la même espèce a le droit d’en jouir aussitôt qu’il jouit de la raison. Si la nature a établi quelque autorité, c’est la puissance paternelle: mais la puissance paternelle a ses bornes; et dans l’état de nature elle finirait aussitôt que les enfants seraient en état de se conduire. Toute autre autorité vient d’une autre origine que la nature. Qu’on examine bien et on la fera toujours remonter à l’une de ces deux sources: ou la force et la violence de celui qui s’en est emparé, ou le consentement de ceux qui s’y sont soumis par un contrat fait ou supposé entre eux et celui à qui ils ont déféré l’autorité.
La puissance qui s’acquiert par la violence n’est qu’une usurpation et ne dure qu’autant que la force de celui qui commande l’emporte sur celle de ceux qui obéissent; en sorte que si ces derniers deviennent à leur tour les plus forts, et qu’ils secouent le joug, ils le font avec autant de droit et de justice que l’autre qui le leur avait imposé. La même loi qui a fait l’autorité la défait alors: c’est la loi du plus fort.
Quelquefois l’autorité qui s’établit par la violence change de nature; c’est lorsqu’elle continue et se maintient du consentement exprès de ceux qu’on a soumis: mais elle rentre par-là dans la seconde espèce dont je vais parler; et celui qui se l’était arrogé devenant alors prince cesse d’être tyran.
La puissance qui vient du consentement des peuples suppose nécessairement des conditions qui en rendent l’usage légitime utile à la société, avantageux à la république, et qui la fixent et la restreignent entre des limites; car l’homme ne peut ni ne doit se donner entièrement et sans réserve à un autre homme, parce qu’il a un maître supérieur au-dessus de tout, à qui seul il appartient tout entier. C’est Dieu dont le pouvoir est toujours immédiat sur la créature, maître aussi jaloux qu’absolu, qui ne perd jamais de ses droits et ne les communique point. Il permet pour le bien commun et le maintien de la société que les hommes établissent entre eux un ordre de subordination, qu’ils obéissent à l’un d’eux; mais il veut que ce soit par raison et avec mesure, et non pas aveuglément et sans réserve, afin que la créature ne s’arroge pas les droits du créateur. Toute autre soumission est le véritable crime d’idolâtrie. Fléchir le genou devant un homme ou devant une image n’est qu’une cérémonie extérieure, dont le vrai Dieu qui demande le coeur et l’esprit ne se soucie guère, et qu’il abandonne à l’institution des hommes pour en faire, comme il leur conviendra, des marques d’un culte civil et politique, ou d’un culte de religion. Ainsi ce ne sont pas ces cérémonies en elles-mêmes, mais l’esprit de leur établissement qui en rend la pratique innocente ou criminelle. Un Anglais n’a point de scrupule à servir le roi genou en terre; le cérémonial ne signifie que ce qu’on a voulu qu’il signifiât, mais livrer son coeur, son esprit et sa conduite sans aucune réserve à la volonté et au caprice d’une pure créature, en faire l’unique et dernier motif de ses actions, c’est assurément un crime de lèse-majesté divine au premier chef…
Le prince tient de ses sujets mêmes l’autorité qu’il a sur eux; et cette autorité est bornée par les lois de la nature et de l’État… Le prince ne peut donc pas disposer de son pouvoir et de ses sujets sans le consentement de la nation et indépendamment du choix marqué par le contrat de soumission… Les conditions de ce pacte sont différentes dans les différents États. Mais partout la nation est en droit de maintenir envers et contre tout le contrat qu’elle a fait; aucune puissance ne peut le changer; et quand il n’a plus lieu, elle rentre dans le droit et dans la pleine liberté d’en passer un nouveau avec qui et comme il lui plaît. C’est ce qui arriverait en France si, par le plus grand des malheurs, la famille entière régnante venait à s’éteindre jusque dans ses moindres rejetons: alors le spectre et la couronne retourneraient à la nation.
Diderot. Autorité politique. L’Encyclopédie. Lagarde et Michard XVIII.
Jugez le item ci-dessous en répondant vrai (C) ou faux (E) aux question suivante concernant le texte.
on pourrait changer le mot « point » par pas sans changer le sens de la phrase.
 

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Aucun homme n’a reçu de la nature le droit de commander aux autres. La liberté est un présent du ciel, et chaque individu de la même espèce a le droit d’en jouir aussitôt qu’il jouit de la raison. Si la nature a établi quelque autorité, c’est la puissance paternelle: mais la puissance paternelle a ses bornes; et dans l’état de nature elle finirait aussitôt que les enfants seraient en état de se conduire. Toute autre autorité vient d’une autre origine que la nature. Qu’on examine bien et on la fera toujours remonter à l’une de ces deux sources: ou la force et la violence de celui qui s’en est emparé, ou le consentement de ceux qui s’y sont soumis par un contrat fait ou supposé entre eux et celui à qui ils ont déféré l’autorité.
La puissance qui s’acquiert par la violence n’est qu’une usurpation et ne dure qu’autant que la force de celui qui commande l’emporte sur celle de ceux qui obéissent; en sorte que si ces derniers deviennent à leur tour les plus forts, et qu’ils secouent le joug, ils le font avec autant de droit et de justice que l’autre qui le leur avait imposé. La même loi qui a fait l’autorité la défait alors: c’est la loi du plus fort.
Quelquefois l’autorité qui s’établit par la violence change de nature; c’est lorsqu’elle continue et se maintient du consentement exprès de ceux qu’on a soumis: mais elle rentre par-là dans la seconde espèce dont je vais parler; et celui qui se l’était arrogé devenant alors prince cesse d’être tyran.
La puissance qui vient du consentement des peuples suppose nécessairement des conditions qui en rendent l’usage légitime utile à la société, avantageux à la république, et qui la fixent et la restreignent entre des limites; car l’homme ne peut ni ne doit se donner entièrement et sans réserve à un autre homme, parce qu’il a un maître supérieur au-dessus de tout, à qui seul il appartient tout entier. C’est Dieu dont le pouvoir est toujours immédiat sur la créature, maître aussi jaloux qu’absolu, qui ne perd jamais de ses droits et ne les communique point. Il permet pour le bien commun et le maintien de la société que les hommes établissent entre eux un ordre de subordination, qu’ils obéissent à l’un d’eux; mais il veut que ce soit par raison et avec mesure, et non pas aveuglément et sans réserve, afin que la créature ne s’arroge pas les droits du créateur. Toute autre soumission est le véritable crime d’idolâtrie. Fléchir le genou devant un homme ou devant une image n’est qu’une cérémonie extérieure, dont le vrai Dieu qui demande le coeur et l’esprit ne se soucie guère, et qu’il abandonne à l’institution des hommes pour en faire, comme il leur conviendra, des marques d’un culte civil et politique, ou d’un culte de religion. Ainsi ce ne sont pas ces cérémonies en elles-mêmes, mais l’esprit de leur établissement qui en rend la pratique innocente ou criminelle. Un Anglais n’a point de scrupule à servir le roi genou en terre; le cérémonial ne signifie que ce qu’on a voulu qu’il signifiât, mais livrer son coeur, son esprit et sa conduite sans aucune réserve à la volonté et au caprice d’une pure créature, en faire l’unique et dernier motif de ses actions, c’est assurément un crime de lèse-majesté divine au premier chef…
Le prince tient de ses sujets mêmes l’autorité qu’il a sur eux; et cette autorité est bornée par les lois de la nature et de l’État… Le prince ne peut donc pas disposer de son pouvoir et de ses sujets sans le consentement de la nation et indépendamment du choix marqué par le contrat de soumission… Les conditions de ce pacte sont différentes dans les différents États. Mais partout la nation est en droit de maintenir envers et contre tout le contrat qu’elle a fait; aucune puissance ne peut le changer; et quand il n’a plus lieu, elle rentre dans le droit et dans la pleine liberté d’en passer un nouveau avec qui et comme il lui plaît. C’est ce qui arriverait en France si, par le plus grand des malheurs, la famille entière régnante venait à s’éteindre jusque dans ses moindres rejetons: alors le spectre et la couronne retourneraient à la nation.
Diderot. Autorité politique. L’Encyclopédie. Lagarde et Michard XVIII.
Jugez le item ci-dessous en répondant vrai (C) ou faux (E) aux question suivante concernant le texte.
« non pas » est une double négation qui revient donc à une affirmation.
 

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Aucun homme n’a reçu de la nature le droit de commander aux autres. La liberté est un présent du ciel, et chaque individu de la même espèce a le droit d’en jouir aussitôt qu’il jouit de la raison. Si la nature a établi quelque autorité, c’est la puissance paternelle: mais la puissance paternelle a ses bornes; et dans l’état de nature elle finirait aussitôt que les enfants seraient en état de se conduire. Toute autre autorité vient d’une autre origine que la nature. Qu’on examine bien et on la fera toujours remonter à l’une de ces deux sources: ou la force et la violence de celui qui s’en est emparé, ou le consentement de ceux qui s’y sont soumis par un contrat fait ou supposé entre eux et celui à qui ils ont déféré l’autorité.
La puissance qui s’acquiert par la violence n’est qu’une usurpation et ne dure qu’autant que la force de celui qui commande l’emporte sur celle de ceux qui obéissent; en sorte que si ces derniers deviennent à leur tour les plus forts, et qu’ils secouent le joug, ils le font avec autant de droit et de justice que l’autre qui le leur avait imposé. La même loi qui a fait l’autorité la défait alors: c’est la loi du plus fort.
Quelquefois l’autorité qui s’établit par la violence change de nature; c’est lorsqu’elle continue et se maintient du consentement exprès de ceux qu’on a soumis: mais elle rentre par-là dans la seconde espèce dont je vais parler; et celui qui se l’était arrogé devenant alors prince cesse d’être tyran.
La puissance qui vient du consentement des peuples suppose nécessairement des conditions qui en rendent l’usage légitime utile à la société, avantageux à la république, et qui la fixent et la restreignent entre des limites; car l’homme ne peut ni ne doit se donner entièrement et sans réserve à un autre homme, parce qu’il a un maître supérieur au-dessus de tout, à qui seul il appartient tout entier. C’est Dieu dont le pouvoir est toujours immédiat sur la créature, maître aussi jaloux qu’absolu, qui ne perd jamais de ses droits et ne les communique point. Il permet pour le bien commun et le maintien de la société que les hommes établissent entre eux un ordre de subordination, qu’ils obéissent à l’un d’eux; mais il veut que ce soit par raison et avec mesure, et non pas aveuglément et sans réserve, afin que la créature ne s’arroge pas les droits du créateur. Toute autre soumission est le véritable crime d’idolâtrie. Fléchir le genou devant un homme ou devant une image n’est qu’une cérémonie extérieure, dont le vrai Dieu qui demande le coeur et l’esprit ne se soucie guère, et qu’il abandonne à l’institution des hommes pour en faire, comme il leur conviendra, des marques d’un culte civil et politique, ou d’un culte de religion. Ainsi ce ne sont pas ces cérémonies en elles-mêmes, mais l’esprit de leur établissement qui en rend la pratique innocente ou criminelle. Un Anglais n’a point de scrupule à servir le roi genou en terre; le cérémonial ne signifie que ce qu’on a voulu qu’il signifiât, mais livrer son coeur, son esprit et sa conduite sans aucune réserve à la volonté et au caprice d’une pure créature, en faire l’unique et dernier motif de ses actions, c’est assurément un crime de lèse-majesté divine au premier chef…
Le prince tient de ses sujets mêmes l’autorité qu’il a sur eux; et cette autorité est bornée par les lois de la nature et de l’État… Le prince ne peut donc pas disposer de son pouvoir et de ses sujets sans le consentement de la nation et indépendamment du choix marqué par le contrat de soumission… Les conditions de ce pacte sont différentes dans les différents États. Mais partout la nation est en droit de maintenir envers et contre tout le contrat qu’elle a fait; aucune puissance ne peut le changer; et quand il n’a plus lieu, elle rentre dans le droit et dans la pleine liberté d’en passer un nouveau avec qui et comme il lui plaît. C’est ce qui arriverait en France si, par le plus grand des malheurs, la famille entière régnante venait à s’éteindre jusque dans ses moindres rejetons: alors le spectre et la couronne retourneraient à la nation.
Diderot. Autorité politique. L’Encyclopédie. Lagarde et Michard XVIII.
Jugez le item ci-dessous en répondant vrai (C) ou faux (E) aux question suivante concernant le texte.
L’extrait « maître aussi jaloux qu’absolu » signifie plus jaloux qu’absolu.
 

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2646488 Ano: 2015
Disciplina: Francês (Língua Francesa)
Banca: CESPE / CEBRASPE
Orgão: IRB
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Aucun homme n’a reçu de la nature le droit de commander aux autres. La liberté est un présent du ciel, et chaque individu de la même espèce a le droit d’en jouir aussitôt qu’il jouit de la raison. Si la nature a établi quelque autorité, c’est la puissance paternelle: mais la puissance paternelle a ses bornes; et dans l’état de nature elle finirait aussitôt que les enfants seraient en état de se conduire. Toute autre autorité vient d’une autre origine que la nature. Qu’on examine bien et on la fera toujours remonter à l’une de ces deux sources: ou la force et la violence de celui qui s’en est emparé, ou le consentement de ceux qui s’y sont soumis par un contrat fait ou supposé entre eux et celui à qui ils ont déféré l’autorité.
La puissance qui s’acquiert par la violence n’est qu’une usurpation et ne dure qu’autant que la force de celui qui commande l’emporte sur celle de ceux qui obéissent; en sorte que si ces derniers deviennent à leur tour les plus forts, et qu’ils secouent le joug, ils le font avec autant de droit et de justice que l’autre qui le leur avait imposé. La même loi qui a fait l’autorité la défait alors: c’est la loi du plus fort.
Quelquefois l’autorité qui s’établit par la violence change de nature; c’est lorsqu’elle continue et se maintient du consentement exprès de ceux qu’on a soumis: mais elle rentre par-là dans la seconde espèce dont je vais parler; et celui qui se l’était arrogé devenant alors prince cesse d’être tyran.
La puissance qui vient du consentement des peuples suppose nécessairement des conditions qui en rendent l’usage légitime utile à la société, avantageux à la république, et qui la fixent et la restreignent entre des limites; car l’homme ne peut ni ne doit se donner entièrement et sans réserve à un autre homme, parce qu’il a un maître supérieur au-dessus de tout, à qui seul il appartient tout entier. C’est Dieu dont le pouvoir est toujours immédiat sur la créature, maître aussi jaloux qu’absolu, qui ne perd jamais de ses droits et ne les communique point. Il permet pour le bien commun et le maintien de la société que les hommes établissent entre eux un ordre de subordination, qu’ils obéissent à l’un d’eux; mais il veut que ce soit par raison et avec mesure, et non pas aveuglément et sans réserve, afin que la créature ne s’arroge pas les droits du créateur. Toute autre soumission est le véritable crime d’idolâtrie. Fléchir le genou devant un homme ou devant une image n’est qu’une cérémonie extérieure, dont le vrai Dieu qui demande le coeur et l’esprit ne se soucie guère, et qu’il abandonne à l’institution des hommes pour en faire, comme il leur conviendra, des marques d’un culte civil et politique, ou d’un culte de religion. Ainsi ce ne sont pas ces cérémonies en elles-mêmes, mais l’esprit de leur établissement qui en rend la pratique innocente ou criminelle. Un Anglais n’a point de scrupule à servir le roi genou en terre; le cérémonial ne signifie que ce qu’on a voulu qu’il signifiât, mais livrer son coeur, son esprit et sa conduite sans aucune réserve à la volonté et au caprice d’une pure créature, en faire l’unique et dernier motif de ses actions, c’est assurément un crime de lèse-majesté divine au premier chef…
Le prince tient de ses sujets mêmes l’autorité qu’il a sur eux; et cette autorité est bornée par les lois de la nature et de l’État… Le prince ne peut donc pas disposer de son pouvoir et de ses sujets sans le consentement de la nation et indépendamment du choix marqué par le contrat de soumission… Les conditions de ce pacte sont différentes dans les différents États. Mais partout la nation est en droit de maintenir envers et contre tout le contrat qu’elle a fait; aucune puissance ne peut le changer; et quand il n’a plus lieu, elle rentre dans le droit et dans la pleine liberté d’en passer un nouveau avec qui et comme il lui plaît. C’est ce qui arriverait en France si, par le plus grand des malheurs, la famille entière régnante venait à s’éteindre jusque dans ses moindres rejetons: alors le spectre et la couronne retourneraient à la nation.
Diderot. Autorité politique. L’Encyclopédie. Lagarde et Michard XVIII.
Jugez le item ci-dessous en répondant vrai (C) ou faux (E) aux question suivante concernant le texte.
on pourrait changer le mot « guère» par peu sans changer le sens de la phrase.
 

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2646487 Ano: 2015
Disciplina: Francês (Língua Francesa)
Banca: CESPE / CEBRASPE
Orgão: IRB
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La puissance qui s’acquiert par la violence n’est qu’une usurpation et ne dure qu’autant que la force de celui qui commande l’emporte sur celle de ceux qui obéissent; en sorte que si ces derniers deviennent à leur tour les plus forts, et qu’ils secouent le joug, ils le font avec autant de droit et de justice que l’autre qui le leur avait imposé. La même loi qui a fait l’autorité la défait alors: c’est la loi du plus fort.
Quelquefois l’autorité qui s’établit par la violence change de nature; c’est lorsqu’elle continue et se maintient du consentement exprès de ceux qu’on a soumis: mais elle rentre par-là dans la seconde espèce dont je vais parler; et celui qui se l’était arrogé devenant alors prince cesse d’être tyran.
La puissance qui vient du consentement des peuples suppose nécessairement des conditions qui en rendent l’usage légitime utile à la société, avantageux à la république, et qui la fixent et la restreignent entre des limites; car l’homme ne peut ni ne doit se donner entièrement et sans réserve à un autre homme, parce qu’il a un maître supérieur au-dessus de tout, à qui seul il appartient tout entier. C’est Dieu dont le pouvoir est toujours immédiat sur la créature, maître aussi jaloux qu’absolu, qui ne perd jamais de ses droits et ne les communique point. Il permet pour le bien commun et le maintien de la société que les hommes établissent entre eux un ordre de subordination, qu’ils obéissent à l’un d’eux; mais il veut que ce soit par raison et avec mesure, et non pas aveuglément et sans réserve, afin que la créature ne s’arroge pas les droits du créateur. Toute autre soumission est le véritable crime d’idolâtrie. Fléchir le genou devant un homme ou devant une image n’est qu’une cérémonie extérieure, dont le vrai Dieu qui demande le coeur et l’esprit ne se soucie guère, et qu’il abandonne à l’institution des hommes pour en faire, comme il leur conviendra, des marques d’un culte civil et politique, ou d’un culte de religion. Ainsi ce ne sont pas ces cérémonies en elles-mêmes, mais l’esprit de leur établissement qui en rend la pratique innocente ou criminelle. Un Anglais n’a point de scrupule à servir le roi genou en terre; le cérémonial ne signifie que ce qu’on a voulu qu’il signifiât, mais livrer son coeur, son esprit et sa conduite sans aucune réserve à la volonté et au caprice d’une pure créature, en faire l’unique et dernier motif de ses actions, c’est assurément un crime de lèse-majesté divine au premier chef…
Le prince tient de ses sujets mêmes l’autorité qu’il a sur eux; et cette autorité est bornée par les lois de la nature et de l’État… Le prince ne peut donc pas disposer de son pouvoir et de ses sujets sans le consentement de la nation et indépendamment du choix marqué par le contrat de soumission… Les conditions de ce pacte sont différentes dans les différents États. Mais partout la nation est en droit de maintenir envers et contre tout le contrat qu’elle a fait; aucune puissance ne peut le changer; et quand il n’a plus lieu, elle rentre dans le droit et dans la pleine liberté d’en passer un nouveau avec qui et comme il lui plaît. C’est ce qui arriverait en France si, par le plus grand des malheurs, la famille entière régnante venait à s’éteindre jusque dans ses moindres rejetons: alors le spectre et la couronne retourneraient à la nation.
Diderot. Autorité politique. L’Encyclopédie. Lagarde et Michard XVIII.
Jugez si le item ci-dessous, selon les arguments développés le texte, sont vrai (C) ou faux (E).
Diderot souscrit au faste des rites religieux et royaux car requis par la volonté de Dieu.
 

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