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La musique brésilienne dans la géopolitique des sons
La musique brésilienne évolue avec son temps. Une dizaine d'albums de musique brésilienne arrivent cet automne sur le marché européen, signe d'un regain d'intérêt occidental pour un pays qui n'a jamais cessé de se représenter en musique. Prolongeant un mouvement né il y a un peu plus de dix ans, où la tradition (samba, bossa nova, musiques nordestines...) prenait un sérieux coup d'électronique sans perdre ses structures, une nouvelle tendance ouvre la Música Popular Brasileira sur le monde.
À la fin des années 1950, la bossa nova avait servi de bande-son à l'intrusion de la modernité au Brésil, alors que se planifiait la construction de la futuriste Brasília. Dix ans plus tard, en pleine dictature militaire, les "tropicalistes" bahianais semaient le désordre rock et la parole sociale dans la douceur amoureuse des grands aînés João Gilberto, Tom Jobim et Vinicius de Moraes. Ils étaient cernés par le rock ado de la Jovem Guarda - les yéyés, menés par le multimillionnaire du disque Roberto Carlos.
En comparaison, les perturbateurs des années 2010 font montre d'une sagesse mature. Trublions bien nés, enfants des années prospères, parfois fils à papa, ils sont loin de la remise en cause radicale de la société et de la musique brésilienne opérée par les "tropicalistes" au coeur d'une dictature militaire qui, en 1968, supprimait toute liberté publique alors que paraissait Tropicalia ou Panis et Circensis, album fondateur du mouvement contestataire, où l'on trouve Gilberto Gil, Caetano Veloso, Os Mutantes et l'arrangeur Rogerio Duprat.
Complice en 2003 de Carlinhos Brown et d'Arnaldo Antunes pour l'expérience Tribalistas, un tube par titre, succès planétaire, Marisa Monte, 45 ans, est au centre de nombreuses ramifications novatrices. Elle est un symbole des liens de famille, naturelle ou recomposée, qui structurent la musique populaire brésilienne.
En 2000, Lucas Santtana publie Eletro Ben Dodô. C'est une réussite. Le sociologue et critique Hermano Vianna écrit alors que le disque permet de "repositionner la musique pop de Salvador dans la ronde océanique de l'Atlantique Noir, à laquelle tous les nouveaux batuques (rythmes) digitaux sont connectés".
Douze ans plus tard, O Deus que devasta mas também cura rassure les goûts de notre rive de l'Atlantique, en se promenant entre orchestre de frevo, samba, échantillonnage et rythmiques bahianaises. Il y a des beautés, mais aussi un côté robinet d'eau tiède conforme aux goûts londoniens en matière de musiques brésiliennes. L'ensemble est référencé - on y trouve par exemple une interprétation de Musico, composé par Tom Zé et Os Paralamas do Sucesso, groupe de rock qui tint le haut des classements dans les années 1980.
Tenter d'établir de nouveaux schémas pour la MPB ne signifie pas qu'on s'affranchisse des anciens. Au contraire. Deux exemples le prouvent. Le 14 novembre, à Las Vegas, les Latin Grammy Awards rendront hommage à Caetano Veloso, intronisé "homme de l'année", pour ses quarante-cinq ans de carrière. A soixante-dix ans révolus, ce play-boy intellectuel vient de clore une tournée accomplie avec une jeunesse de 26 ans, Maria Gadu, très classiquement bossa.
Chico Buarque, icône nationale, 68 ans, a publié en 2011 un Chico magnifique, qui n'est pas son meilleur, mais est impeccablement écrit et chanté. Il est sorti chez Biscoito Fino, label indépendant aux goûts artistiques certains, qui a eu la chance de récupérer des noms importants de la musique brésilienne, tels que Gilberto Gil, Simone, Maria Bethânia, que le système des multinationales ne rendait plus heureux.
Dans la version scénique, Na Carreira, qui vient de paraître, figure le Rap de Cálice, hommage porté "au jeune artiste" Criolo, rappeur qui s'est emparé de la chanson Cálice, composée en 1973 par Gilberto Gil et Chico Buarque - champion du double sens face à la censure, ce dernier s'était amusé à transformer Cálice en "Cale-se", "taisez-vous", chanté hargneusement par ses choristes. Criolo, 36 ans, est sans doute le plus intéressant de cette nouvelle vague brésilienne. Fils de Nordestins du Ceará venus travailler dans la métropole du sud, Criolo a grandi dans le quartier populaire de Grajaú à São Paulo. Pendant vingt ans, sous le nom de Criolo Doido (le créole fou), il fit du rap tout en étant éducateur. Puis, d'une voix à peine assurée, mais doué pour la scène, il est venu à la chanson, diffusant sur l'Internet un drôle mélange de bossa, de samba, de funk, d'afro beat nigérian, très éclectique, sur des textes détachés et philosophiques. A force de clips inventifs, le grand gaillard fut invité à chanter avec Caetano Veloso l'une de ses chansons, Não existe amor em SP, lors du trophée MTV Brasil. Et fut ainsi consacré.
Extrait et adapté de Le Monde.fr, du 18/10/2012.
A partir des idées explicitées dans le deuxième paragraphe, on constate que
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La musique brésilienne dans la géopolitique des sons
La musique brésilienne évolue avec son temps. Une dizaine d'albums de musique brésilienne arrivent cet automne sur le marché européen, signe d'un regain d'intérêt occidental pour un pays qui n'a jamais cessé de se représenter en musique. Prolongeant un mouvement né il y a un peu plus de dix ans, où la tradition (samba, bossa nova, musiques nordestines...) prenait un sérieux coup d'électronique sans perdre ses structures, une nouvelle tendance ouvre la Música Popular Brasileira sur le monde.
À la fin des années 1950, la bossa nova avait servi de bande-son à l'intrusion de la modernité au Brésil, alors que se planifiait la construction de la futuriste Brasília. Dix ans plus tard, en pleine dictature militaire, les "tropicalistes" bahianais semaient le désordre rock et la parole sociale dans la douceur amoureuse des grands aînés João Gilberto, Tom Jobim et Vinicius de Moraes. Ils étaient cernés par le rock ado de la Jovem Guarda - les yéyés, menés par le multimillionnaire du disque Roberto Carlos.
En comparaison, les perturbateurs des années 2010 font montre d'une sagesse mature. Trublions bien nés, enfants des années prospères, parfois fils à papa, ils sont loin de la remise en cause radicale de la société et de la musique brésilienne opérée par les "tropicalistes" au coeur d'une dictature militaire qui, en 1968, supprimait toute liberté publique alors que paraissait Tropicalia ou Panis et Circensis, album fondateur du mouvement contestataire, où l'on trouve Gilberto Gil, Caetano Veloso, Os Mutantes et l'arrangeur Rogerio Duprat.
Complice en 2003 de Carlinhos Brown et d'Arnaldo Antunes pour l'expérience Tribalistas, un tube par titre, succès planétaire, Marisa Monte, 45 ans, est au centre de nombreuses ramifications novatrices. Elle est un symbole des liens de famille, naturelle ou recomposée, qui structurent la musique populaire brésilienne.
En 2000, Lucas Santtana publie Eletro Ben Dodô. C'est une réussite. Le sociologue et critique Hermano Vianna écrit alors que le disque permet de "repositionner la musique pop de Salvador dans la ronde océanique de l'Atlantique Noir, à laquelle tous les nouveaux batuques (rythmes) digitaux sont connectés".
Douze ans plus tard, O Deus que devasta mas também cura rassure les goûts de notre rive de l'Atlantique, en se promenant entre orchestre de frevo, samba, échantillonnage et rythmiques bahianaises. Il y a des beautés, mais aussi un côté robinet d'eau tiède conforme aux goûts londoniens en matière de musiques brésiliennes. L'ensemble est référencé - on y trouve par exemple une interprétation de Musico, composé par Tom Zé et Os Paralamas do Sucesso, groupe de rock qui tint le haut des classements dans les années 1980.
Tenter d'établir de nouveaux schémas pour la MPB ne signifie pas qu'on s'affranchisse des anciens. Au contraire. Deux exemples le prouvent. Le 14 novembre, à Las Vegas, les Latin Grammy Awards rendront hommage à Caetano Veloso, intronisé "homme de l'année", pour ses quarante-cinq ans de carrière. A soixante-dix ans révolus, ce play-boy intellectuel vient de clore une tournée accomplie avec une jeunesse de 26 ans, Maria Gadu, très classiquement bossa.
Chico Buarque, icône nationale, 68 ans, a publié en 2011 un Chico magnifique, qui n'est pas son meilleur, mais est impeccablement écrit et chanté. Il est sorti chez Biscoito Fino, label indépendant aux goûts artistiques certains, qui a eu la chance de récupérer des noms importants de la musique brésilienne, tels que Gilberto Gil, Simone, Maria Bethânia, que le système des multinationales ne rendait plus heureux.
Dans la version scénique, Na Carreira, qui vient de paraître, figure le Rap de Cálice, hommage porté "au jeune artiste" Criolo, rappeur qui s'est emparé de la chanson Cálice, composée en 1973 par Gilberto Gil et Chico Buarque - champion du double sens face à la censure, ce dernier s'était amusé à transformer Cálice en "Cale-se", "taisez-vous", chanté hargneusement par ses choristes. Criolo, 36 ans, est sans doute le plus intéressant de cette nouvelle vague brésilienne. Fils de Nordestins du Ceará venus travailler dans la métropole du sud, Criolo a grandi dans le quartier populaire de Grajaú à São Paulo. Pendant vingt ans, sous le nom de Criolo Doido (le créole fou), il fit du rap tout en étant éducateur. Puis, d'une voix à peine assurée, mais doué pour la scène, il est venu à la chanson, diffusant sur l'Internet un drôle mélange de bossa, de samba, de funk, d'afro beat nigérian, très éclectique, sur des textes détachés et philosophiques. A force de clips inventifs, le grand gaillard fut invité à chanter avec Caetano Veloso l'une de ses chansons, Não existe amor em SP, lors du trophée MTV Brasil. Et fut ainsi consacré.
Extrait et adapté de Le Monde.fr, du 18/10/2012.
L’assertion qui explicite le mieux le rapport entre le titre et la totalité du texte est
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La musique brésilienne dans la géopolitique des sons
La musique brésilienne évolue avec son temps. Une dizaine d'albums de musique brésilienne arrivent cet automne sur le marché européen, signe d'un regain d'intérêt occidental pour un pays qui n'a jamais cessé de se représenter en musique. Prolongeant un mouvement né il y a un peu plus de dix ans, où la tradition (samba, bossa nova, musiques nordestines...) prenait un sérieux coup d'électronique sans perdre ses structures, une nouvelle tendance ouvre la Música Popular Brasileira sur le monde.
À la fin des années 1950, la bossa nova avait servi de bande-son à l'intrusion de la modernité au Brésil, alors que se planifiait la construction de la futuriste Brasília. Dix ans plus tard, en pleine dictature militaire, les "tropicalistes" bahianais semaient le désordre rock et la parole sociale dans la douceur amoureuse des grands aînés João Gilberto, Tom Jobim et Vinicius de Moraes. Ils étaient cernés par le rock ado de la Jovem Guarda - les yéyés, menés par le multimillionnaire du disque Roberto Carlos.
En comparaison, les perturbateurs des années 2010 font montre d'une sagesse mature. Trublions bien nés, enfants des années prospères, parfois fils à papa, ils sont loin de la remise en cause radicale de la société et de la musique brésilienne opérée par les "tropicalistes" au coeur d'une dictature militaire qui, en 1968, supprimait toute liberté publique alors que paraissait Tropicalia ou Panis et Circensis, album fondateur du mouvement contestataire, où l'on trouve Gilberto Gil, Caetano Veloso, Os Mutantes et l'arrangeur Rogerio Duprat.
Complice en 2003 de Carlinhos Brown et d'Arnaldo Antunes pour l'expérience Tribalistas, un tube par titre, succès planétaire, Marisa Monte, 45 ans, est au centre de nombreuses ramifications novatrices. Elle est un symbole des liens de famille, naturelle ou recomposée, qui structurent la musique populaire brésilienne.
En 2000, Lucas Santtana publie Eletro Ben Dodô. C'est une réussite. Le sociologue et critique Hermano Vianna écrit alors que le disque permet de "repositionner la musique pop de Salvador dans la ronde océanique de l'Atlantique Noir, à laquelle tous les nouveaux batuques (rythmes) digitaux sont connectés".
Douze ans plus tard, O Deus que devasta mas também cura rassure les goûts de notre rive de l'Atlantique, en se promenant entre orchestre de frevo, samba, échantillonnage et rythmiques bahianaises. Il y a des beautés, mais aussi un côté robinet d'eau tiède conforme aux goûts londoniens en matière de musiques brésiliennes. L'ensemble est référencé - on y trouve par exemple une interprétation de Musico, composé par Tom Zé et Os Paralamas do Sucesso, groupe de rock qui tint le haut des classements dans les années 1980.
Tenter d'établir de nouveaux schémas pour la MPB ne signifie pas qu'on s'affranchisse des anciens. Au contraire. Deux exemples le prouvent. Le 14 novembre, à Las Vegas, les Latin Grammy Awards rendront hommage à Caetano Veloso, intronisé "homme de l'année", pour ses quarante-cinq ans de carrière. A soixante-dix ans révolus, ce play-boy intellectuel vient de clore une tournée accomplie avec une jeunesse de 26 ans, Maria Gadu, très classiquement bossa.
Chico Buarque, icône nationale, 68 ans, a publié en 2011 un Chico magnifique, qui n'est pas son meilleur, mais est impeccablement écrit et chanté. Il est sorti chez Biscoito Fino, label indépendant aux goûts artistiques certains, qui a eu la chance de récupérer des noms importants de la musique brésilienne, tels que Gilberto Gil, Simone, Maria Bethânia, que le système des multinationales ne rendait plus heureux.
Dans la version scénique, Na Carreira, qui vient de paraître, figure le Rap de Cálice, hommage porté "au jeune artiste" Criolo, rappeur qui s'est emparé de la chanson Cálice, composée en 1973 par Gilberto Gil et Chico Buarque - champion du double sens face à la censure, ce dernier s'était amusé à transformer Cálice en "Cale-se", "taisez-vous", chanté hargneusement par ses choristes. Criolo, 36 ans, est sans doute le plus intéressant de cette nouvelle vague brésilienne. Fils de Nordestins du Ceará venus travailler dans la métropole du sud, Criolo a grandi dans le quartier populaire de Grajaú à São Paulo. Pendant vingt ans, sous le nom de Criolo Doido (le créole fou), il fit du rap tout en étant éducateur. Puis, d'une voix à peine assurée, mais doué pour la scène, il est venu à la chanson, diffusant sur l'Internet un drôle mélange de bossa, de samba, de funk, d'afro beat nigérian, très éclectique, sur des textes détachés et philosophiques. A force de clips inventifs, le grand gaillard fut invité à chanter avec Caetano Veloso l'une de ses chansons, Não existe amor em SP, lors du trophée MTV Brasil. Et fut ainsi consacré.
Extrait et adapté de Le Monde.fr, du 18/10/2012.
Le thème qui N’APPARTIENT PAS au texte est en rapport avec le/la/les
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La musique brésilienne dans la géopolitique des sons
La musique brésilienne évolue avec son temps. Une dizaine d'albums de musique brésilienne arrivent cet automne sur le marché européen, signe d'un regain d'intérêt occidental pour un pays qui n'a jamais cessé de se représenter en musique. Prolongeant un mouvement né il y a un peu plus de dix ans, où la tradition (samba, bossa nova, musiques nordestines...) prenait un sérieux coup d'électronique sans perdre ses structures, une nouvelle tendance ouvre la Música Popular Brasileira sur le monde.
À la fin des années 1950, la bossa nova avait servi de bande-son à l'intrusion de la modernité au Brésil, alors que se planifiait la construction de la futuriste Brasília. Dix ans plus tard, en pleine dictature militaire, les "tropicalistes" bahianais semaient le désordre rock et la parole sociale dans la douceur amoureuse des grands aînés João Gilberto, Tom Jobim et Vinicius de Moraes. Ils étaient cernés par le rock ado de la Jovem Guarda - les yéyés, menés par le multimillionnaire du disque Roberto Carlos.
En comparaison, les perturbateurs des années 2010 font montre d'une sagesse mature. Trublions bien nés, enfants des années prospères, parfois fils à papa, ils sont loin de la remise en cause radicale de la société et de la musique brésilienne opérée par les "tropicalistes" au coeur d'une dictature militaire qui, en 1968, supprimait toute liberté publique alors que paraissait Tropicalia ou Panis et Circensis, album fondateur du mouvement contestataire, où l'on trouve Gilberto Gil, Caetano Veloso, Os Mutantes et l'arrangeur Rogerio Duprat.
Complice en 2003 de Carlinhos Brown et d'Arnaldo Antunes pour l'expérience Tribalistas, un tube par titre, succès planétaire, Marisa Monte, 45 ans, est au centre de nombreuses ramifications novatrices. Elle est un symbole des liens de famille, naturelle ou recomposée, qui structurent la musique populaire brésilienne.
En 2000, Lucas Santtana publie Eletro Ben Dodô. C'est une réussite. Le sociologue et critique Hermano Vianna écrit alors que le disque permet de "repositionner la musique pop de Salvador dans la ronde océanique de l'Atlantique Noir, à laquelle tous les nouveaux batuques (rythmes) digitaux sont connectés".
Douze ans plus tard, O Deus que devasta mas também cura rassure les goûts de notre rive de l'Atlantique, en se promenant entre orchestre de frevo, samba, échantillonnage et rythmiques bahianaises. Il y a des beautés, mais aussi un côté robinet d'eau tiède conforme aux goûts londoniens en matière de musiques brésiliennes. L'ensemble est référencé - on y trouve par exemple une interprétation de Musico, composé par Tom Zé et Os Paralamas do Sucesso, groupe de rock qui tint le haut des classements dans les années 1980.
Tenter d'établir de nouveaux schémas pour la MPB ne signifie pas qu'on s'affranchisse des anciens. Au contraire. Deux exemples le prouvent. Le 14 novembre, à Las Vegas, les Latin Grammy Awards rendront hommage à Caetano Veloso, intronisé "homme de l'année", pour ses quarante-cinq ans de carrière. A soixante-dix ans révolus, ce play-boy intellectuel vient de clore une tournée accomplie avec une jeunesse de 26 ans, Maria Gadu, très classiquement bossa.
Chico Buarque, icône nationale, 68 ans, a publié en 2011 un Chico magnifique, qui n'est pas son meilleur, mais est impeccablement écrit et chanté. Il est sorti chez Biscoito Fino, label indépendant aux goûts artistiques certains, qui a eu la chance de récupérer des noms importants de la musique brésilienne, tels que Gilberto Gil, Simone, Maria Bethânia, que le système des multinationales ne rendait plus heureux.
Dans la version scénique, Na Carreira, qui vient de paraître, figure le Rap de Cálice, hommage porté "au jeune artiste" Criolo, rappeur qui s'est emparé de la chanson Cálice, composée en 1973 par Gilberto Gil et Chico Buarque - champion du double sens face à la censure, ce dernier s'était amusé à transformer Cálice en "Cale-se", "taisez-vous", chanté hargneusement par ses choristes. Criolo, 36 ans, est sans doute le plus intéressant de cette nouvelle vague brésilienne. Fils de Nordestins du Ceará venus travailler dans la métropole du sud, Criolo a grandi dans le quartier populaire de Grajaú à São Paulo. Pendant vingt ans, sous le nom de Criolo Doido (le créole fou), il fit du rap tout en étant éducateur. Puis, d'une voix à peine assurée, mais doué pour la scène, il est venu à la chanson, diffusant sur l'Internet un drôle mélange de bossa, de samba, de funk, d'afro beat nigérian, très éclectique, sur des textes détachés et philosophiques. A force de clips inventifs, le grand gaillard fut invité à chanter avec Caetano Veloso l'une de ses chansons, Não existe amor em SP, lors du trophée MTV Brasil. Et fut ainsi consacré.
Extrait et adapté de Le Monde.fr, du 18/10/2012.
Présenter dans le texte la musique brésilienne par le biais des rapports entre les données géographiques et politiques du Brésil, permet de saisir que la musique brésilienne
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La musique brésilienne dans la géopolitique des sons
La musique brésilienne évolue avec son temps. Une dizaine d'albums de musique brésilienne arrivent cet automne sur le marché européen, signe d'un regain d'intérêt occidental pour un pays qui n'a jamais cessé de se représenter en musique. Prolongeant un mouvement né il y a un peu plus de dix ans, où la tradition (samba, bossa nova, musiques nordestines...) prenait un sérieux coup d'électronique sans perdre ses structures, une nouvelle tendance ouvre la Música Popular Brasileira sur le monde.
À la fin des années 1950, la bossa nova avait servi de bande-son à l'intrusion de la modernité au Brésil, alors que se planifiait la construction de la futuriste Brasília. Dix ans plus tard, en pleine dictature militaire, les "tropicalistes" bahianais semaient le désordre rock et la parole sociale dans la douceur amoureuse des grands aînés João Gilberto, Tom Jobim et Vinicius de Moraes. Ils étaient cernés par le rock ado de la Jovem Guarda - les yéyés, menés par le multimillionnaire du disque Roberto Carlos.
En comparaison, les perturbateurs des années 2010 font montre d'une sagesse mature. Trublions bien nés, enfants des années prospères, parfois fils à papa, ils sont loin de la remise en cause radicale de la société et de la musique brésilienne opérée par les "tropicalistes" au coeur d'une dictature militaire qui, en 1968, supprimait toute liberté publique alors que paraissait Tropicalia ou Panis et Circensis, album fondateur du mouvement contestataire, où l'on trouve Gilberto Gil, Caetano Veloso, Os Mutantes et l'arrangeur Rogerio Duprat.
Complice en 2003 de Carlinhos Brown et d'Arnaldo Antunes pour l'expérience Tribalistas, un tube par titre, succès planétaire, Marisa Monte, 45 ans, est au centre de nombreuses ramifications novatrices. Elle est un symbole des liens de famille, naturelle ou recomposée, qui structurent la musique populaire brésilienne.
En 2000, Lucas Santtana publie Eletro Ben Dodô. C'est une réussite. Le sociologue et critique Hermano Vianna écrit alors que le disque permet de "repositionner la musique pop de Salvador dans la ronde océanique de l'Atlantique Noir, à laquelle tous les nouveaux batuques (rythmes) digitaux sont connectés".
Douze ans plus tard, O Deus que devasta mas também cura rassure les goûts de notre rive de l'Atlantique, en se promenant entre orchestre de frevo, samba, échantillonnage et rythmiques bahianaises. Il y a des beautés, mais aussi un côté robinet d'eau tiède conforme aux goûts londoniens en matière de musiques brésiliennes. L'ensemble est référencé - on y trouve par exemple une interprétation de Musico, composé par Tom Zé et Os Paralamas do Sucesso, groupe de rock qui tint le haut des classements dans les années 1980.
Tenter d'établir de nouveaux schémas pour la MPB ne signifie pas qu'on s'affranchisse des anciens. Au contraire. Deux exemples le prouvent. Le 14 novembre, à Las Vegas, les Latin Grammy Awards rendront hommage à Caetano Veloso, intronisé "homme de l'année", pour ses quarante-cinq ans de carrière. A soixante-dix ans révolus, ce play-boy intellectuel vient de clore une tournée accomplie avec une jeunesse de 26 ans, Maria Gadu, très classiquement bossa.
Chico Buarque, icône nationale, 68 ans, a publié en 2011 un Chico magnifique, qui n'est pas son meilleur, mais est impeccablement écrit et chanté. Il est sorti chez Biscoito Fino, label indépendant aux goûts artistiques certains, qui a eu la chance de récupérer des noms importants de la musique brésilienne, tels que Gilberto Gil, Simone, Maria Bethânia, que le système des multinationales ne rendait plus heureux.
Dans la version scénique, Na Carreira, qui vient de paraître, figure le Rap de Cálice, hommage porté "au jeune artiste" Criolo, rappeur qui s'est emparé de la chanson Cálice, composée en 1973 par Gilberto Gil et Chico Buarque - champion du double sens face à la censure, ce dernier s'était amusé à transformer Cálice en "Cale-se", "taisez-vous", chanté hargneusement par ses choristes. Criolo, 36 ans, est sans doute le plus intéressant de cette nouvelle vague brésilienne. Fils de Nordestins du Ceará venus travailler dans la métropole du sud, Criolo a grandi dans le quartier populaire de Grajaú à São Paulo. Pendant vingt ans, sous le nom de Criolo Doido (le créole fou), il fit du rap tout en étant éducateur. Puis, d'une voix à peine assurée, mais doué pour la scène, il est venu à la chanson, diffusant sur l'Internet un drôle mélange de bossa, de samba, de funk, d'afro beat nigérian, très éclectique, sur des textes détachés et philosophiques. A force de clips inventifs, le grand gaillard fut invité à chanter avec Caetano Veloso l'une de ses chansons, Não existe amor em SP, lors du trophée MTV Brasil. Et fut ainsi consacré.
Extrait et adapté de Le Monde.fr, du 18/10/2012.
L’un des propos de ce texte est de
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La musique brésilienne dans la géopolitique des sons
La musique brésilienne évolue avec son temps. Une dizaine d'albums de musique brésilienne arrivent cet automne sur le marché européen, signe d'un regain d'intérêt occidental pour un pays qui n'a jamais cessé de se représenter en musique. Prolongeant un mouvement né il y a un peu plus de dix ans, où la tradition (samba, bossa nova, musiques nordestines...) prenait un sérieux coup d'électronique sans perdre ses structures, une nouvelle tendance ouvre la Música Popular Brasileira sur le monde.
À la fin des années 1950, la bossa nova avait servi de bande-son à l'intrusion de la modernité au Brésil, alors que se planifiait la construction de la futuriste Brasília. Dix ans plus tard, en pleine dictature militaire, les "tropicalistes" bahianais semaient le désordre rock et la parole sociale dans la douceur amoureuse des grands aînés João Gilberto, Tom Jobim et Vinicius de Moraes. Ils étaient cernés par le rock ado de la Jovem Guarda - les yéyés, menés par le multimillionnaire du disque Roberto Carlos.
En comparaison, les perturbateurs des années 2010 font montre d'une sagesse mature. Trublions bien nés, enfants des années prospères, parfois fils à papa, ils sont loin de la remise en cause radicale de la société et de la musique brésilienne opérée par les "tropicalistes" au coeur d'une dictature militaire qui, en 1968, supprimait toute liberté publique alors que paraissait Tropicalia ou Panis et Circensis, album fondateur du mouvement contestataire, où l'on trouve Gilberto Gil, Caetano Veloso, Os Mutantes et l'arrangeur Rogerio Duprat.
Complice en 2003 de Carlinhos Brown et d'Arnaldo Antunes pour l'expérience Tribalistas, un tube par titre, succès planétaire, Marisa Monte, 45 ans, est au centre de nombreuses ramifications novatrices. Elle est un symbole des liens de famille, naturelle ou recomposée, qui structurent la musique populaire brésilienne.
En 2000, Lucas Santtana publie Eletro Ben Dodô. C'est une réussite. Le sociologue et critique Hermano Vianna écrit alors que le disque permet de "repositionner la musique pop de Salvador dans la ronde océanique de l'Atlantique Noir, à laquelle tous les nouveaux batuques (rythmes) digitaux sont connectés".
Douze ans plus tard, O Deus que devasta mas também cura rassure les goûts de notre rive de l'Atlantique, en se promenant entre orchestre de frevo, samba, échantillonnage et rythmiques bahianaises. Il y a des beautés, mais aussi un côté robinet d'eau tiède conforme aux goûts londoniens en matière de musiques brésiliennes. L'ensemble est référencé - on y trouve par exemple une interprétation de Musico, composé par Tom Zé et Os Paralamas do Sucesso, groupe de rock qui tint le haut des classements dans les années 1980.
Tenter d'établir de nouveaux schémas pour la MPB ne signifie pas qu'on s'affranchisse des anciens. Au contraire. Deux exemples le prouvent. Le 14 novembre, à Las Vegas, les Latin Grammy Awards rendront hommage à Caetano Veloso, intronisé "homme de l'année", pour ses quarante-cinq ans de carrière. A soixante-dix ans révolus, ce play-boy intellectuel vient de clore une tournée accomplie avec une jeunesse de 26 ans, Maria Gadu, très classiquement bossa.
Chico Buarque, icône nationale, 68 ans, a publié en 2011 un Chico magnifique, qui n'est pas son meilleur, mais est impeccablement écrit et chanté. Il est sorti chez Biscoito Fino, label indépendant aux goûts artistiques certains, qui a eu la chance de récupérer des noms importants de la musique brésilienne, tels que Gilberto Gil, Simone, Maria Bethânia, que le système des multinationales ne rendait plus heureux.
Dans la version scénique, Na Carreira, qui vient de paraître, figure le Rap de Cálice, hommage porté "au jeune artiste" Criolo, rappeur qui s'est emparé de la chanson Cálice, composée en 1973 par Gilberto Gil et Chico Buarque - champion du double sens face à la censure, ce dernier s'était amusé à transformer Cálice en "Cale-se", "taisez-vous", chanté hargneusement par ses choristes. Criolo, 36 ans, est sans doute le plus intéressant de cette nouvelle vague brésilienne. Fils de Nordestins du Ceará venus travailler dans la métropole du sud, Criolo a grandi dans le quartier populaire de Grajaú à São Paulo. Pendant vingt ans, sous le nom de Criolo Doido (le créole fou), il fit du rap tout en étant éducateur. Puis, d'une voix à peine assurée, mais doué pour la scène, il est venu à la chanson, diffusant sur l'Internet un drôle mélange de bossa, de samba, de funk, d'afro beat nigérian, très éclectique, sur des textes détachés et philosophiques. A force de clips inventifs, le grand gaillard fut invité à chanter avec Caetano Veloso l'une de ses chansons, Não existe amor em SP, lors du trophée MTV Brasil. Et fut ainsi consacré.
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D’après le premier paragraphe on peut constater que
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LA PARISIENNE
Il n’est pas nécessaire d’être née à Paris pour avoir le style da la Parisienne. Avoir l’attitude made in Paris est plus un état d’esprit. Être rock et jamais bourgeoise par exemple. La Parisienne ne tombe jamais dans le piège des tendances: les laisser infuser et s’en servir à bon escient, voilà sa recette secrète ! Et garder toujours un objectif: s’amuser avec la mode. Elle suit quelques règles, mais aime bien les transgresser aussi, ça fait partie du style.
En ce qui concerne la beauté éternelle qu’on lui attribue, la Parisienne ne fait pas attention aux rides parce qu’il y a des avantages à vieillir: on apprécie le moment présent, on écoute les autres, on relativise. Cela ne veut pas dire qu’elle laisse tomber sa beauté. Elle a même quelques petites astuces qui peuvent faire office d’élixir de longue vie. En voici quelques-unes: être soignée; sentir bon; avoir de belles dents; sourire; être indulgente; être plus cool; être moins égoïste; être amoureuse d’un homme, d’un projet, d’une maison, ça a un effet lifting; faire les choses qui nous ressemblent, ça apporte de la « zénitude »; accepter qu’il y a des jours sans et profiter des jours avec!
Même si la Parisienne mange souvent des sushis, c’est dans les bistrots et restos qu’elle vient avec ses copines disserter sur Bardot et Beauvoir. Le café de la Flore, par exemple, est totalement associé à Paris, c’est presque un cliché. C’est aussi le coeur de Saint-Germain-des-Prés, dans le Quartier Latin, donc une mentalité. Il évoque les existentialistes mais surtout un esprit français: rebelle, provocateur, jovial, généreux et anticonformiste. Souvent un aéropage de gauche comme la rive où il se trouve.
Dans le total de ses attitudes, la Parisienne sait qu’il n’y a pas que le style dans la vie et qu’il y a aussi la façon de voir la vie. C’est ainsi qu’elle a une manière bien à elle de vivre sa ville et adopte des attitudes pour faire « locale », telles que connaître un lieu – presque – secret, visiter les musées hors circuit, fréquenter les librairies anciennes et s’expatrier en restant intra-muros. Voilà un peu de la vraie Parisienne.
Adapté du livre La Parisienne, Ines de la Fressange et Sophie Gachet, 2010, Flammarion.
Avec l’expression « made in Paris » l’auteur
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LA PARISIENNE
Il n’est pas nécessaire d’être née à Paris pour avoir le style da la Parisienne. Avoir l’attitude made in Paris est plus un état d’esprit. Être rock et jamais bourgeoise par exemple. La Parisienne ne tombe jamais dans le piège des tendances: les laisser infuser et s’en servir à bon escient, voilà sa recette secrète ! Et garder toujours un objectif: s’amuser avec la mode. Elle suit quelques règles, mais aime bien les transgresser aussi, ça fait partie du style.
En ce qui concerne la beauté éternelle qu’on lui attribue, la Parisienne ne fait pas attention aux rides parce qu’il y a des avantages à vieillir: on apprécie le moment présent, on écoute les autres, on relativise. Cela ne veut pas dire qu’elle laisse tomber sa beauté. Elle a même quelques petites astuces qui peuvent faire office d’élixir de longue vie. En voici quelques-unes: être soignée; sentir bon; avoir de belles dents; sourire; être indulgente; être plus cool; être moins égoïste; être amoureuse d’un homme, d’un projet, d’une maison, ça a un effet lifting; faire les choses qui nous ressemblent, ça apporte de la « zénitude »; accepter qu’il y a des jours sans et profiter des jours avec!
Même si la Parisienne mange souvent des sushis, c’est dans les bistrots et restos qu’elle vient avec ses copines disserter sur Bardot et Beauvoir. Le café de la Flore, par exemple, est totalement associé à Paris, c’est presque un cliché. C’est aussi le coeur de Saint-Germain-des-Prés, dans le Quartier Latin, donc une mentalité. Il évoque les existentialistes mais surtout un esprit français: rebelle, provocateur, jovial, généreux et anticonformiste. Souvent un aéropage de gauche comme la rive où il se trouve.
Dans le total de ses attitudes, la Parisienne sait qu’il n’y a pas que le style dans la vie et qu’il y a aussi la façon de voir la vie. C’est ainsi qu’elle a une manière bien à elle de vivre sa ville et adopte des attitudes pour faire « locale », telles que connaître un lieu – presque – secret, visiter les musées hors circuit, fréquenter les librairies anciennes et s’expatrier en restant intra-muros. Voilà un peu de la vraie Parisienne.
Adapté du livre La Parisienne, Ines de la Fressange et Sophie Gachet, 2010, Flammarion.
Parmi les avantages à vieillir la Parisienne élit comme primordial le fait de
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LA PARISIENNE
Il n’est pas nécessaire d’être née à Paris pour avoir le style da la Parisienne. Avoir l’attitude made in Paris est plus un état d’esprit. Être rock et jamais bourgeoise par exemple. La Parisienne ne tombe jamais dans le piège des tendances: les laisser infuser et s’en servir à bon escient, voilà sa recette secrète ! Et garder toujours un objectif: s’amuser avec la mode. Elle suit quelques règles, mais aime bien les transgresser aussi, ça fait partie du style.
En ce qui concerne la beauté éternelle qu’on lui attribue, la Parisienne ne fait pas attention aux rides parce qu’il y a des avantages à vieillir: on apprécie le moment présent, on écoute les autres, on relativise. Cela ne veut pas dire qu’elle laisse tomber sa beauté. Elle a même quelques petites astuces qui peuvent faire office d’élixir de longue vie. En voici quelques-unes: être soignée; sentir bon; avoir de belles dents; sourire; être indulgente; être plus cool; être moins égoïste; être amoureuse d’un homme, d’un projet, d’une maison, ça a un effet lifting; faire les choses qui nous ressemblent, ça apporte de la « zénitude »; accepter qu’il y a des jours sans et profiter des jours avec!
Même si la Parisienne mange souvent des sushis, c’est dans les bistrots et restos qu’elle vient avec ses copines disserter sur Bardot et Beauvoir. Le café de la Flore, par exemple, est totalement associé à Paris, c’est presque un cliché. C’est aussi le coeur de Saint-Germain-des-Prés, dans le Quartier Latin, donc une mentalité. Il évoque les existentialistes mais surtout un esprit français: rebelle, provocateur, jovial, généreux et anticonformiste. Souvent un aéropage de gauche comme la rive où il se trouve.
Dans le total de ses attitudes, la Parisienne sait qu’il n’y a pas que le style dans la vie et qu’il y a aussi la façon de voir la vie. C’est ainsi qu’elle a une manière bien à elle de vivre sa ville et adopte des attitudes pour faire « locale », telles que connaître un lieu – presque – secret, visiter les musées hors circuit, fréquenter les librairies anciennes et s’expatrier en restant intra-muros. Voilà un peu de la vraie Parisienne.
Adapté du livre La Parisienne, Ines de la Fressange et Sophie Gachet, 2010, Flammarion.
À part le style, la Parisienne sait que ce qui importe également c’est
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LA PARISIENNE
Il n’est pas nécessaire d’être née à Paris pour avoir le style da la Parisienne. Avoir l’attitude made in Paris est plus un état d’esprit. Être rock et jamais bourgeoise par exemple. La Parisienne ne tombe jamais dans le piège des tendances: les laisser infuser et s’en servir à bon escient, voilà sa recette secrète ! Et garder toujours un objectif: s’amuser avec la mode. Elle suit quelques règles, mais aime bien les transgresser aussi, ça fait partie du style.
En ce qui concerne la beauté éternelle qu’on lui attribue, la Parisienne ne fait pas attention aux rides parce qu’il y a des avantages à vieillir: on apprécie le moment présent, on écoute les autres, on relativise. Cela ne veut pas dire qu’elle laisse tomber sa beauté. Elle a même quelques petites astuces qui peuvent faire office d’élixir de longue vie. En voici quelques-unes: être soignée; sentir bon; avoir de belles dents; sourire; être indulgente; être plus cool; être moins égoïste; être amoureuse d’un homme, d’un projet, d’une maison, ça a un effet lifting; faire les choses qui nous ressemblent, ça apporte de la « zénitude »; accepter qu’il y a des jours sans et profiter des jours avec!
Même si la Parisienne mange souvent des sushis, c’est dans les bistrots et restos qu’elle vient avec ses copines disserter sur Bardot et Beauvoir. Le café de la Flore, par exemple, est totalement associé à Paris, c’est presque un cliché. C’est aussi le coeur de Saint-Germain-des-Prés, dans le Quartier Latin, donc une mentalité. Il évoque les existentialistes mais surtout un esprit français: rebelle, provocateur, jovial, généreux et anticonformiste. Souvent un aéropage de gauche comme la rive où il se trouve.
Dans le total de ses attitudes, la Parisienne sait qu’il n’y a pas que le style dans la vie et qu’il y a aussi la façon de voir la vie. C’est ainsi qu’elle a une manière bien à elle de vivre sa ville et adopte des attitudes pour faire « locale », telles que connaître un lieu – presque – secret, visiter les musées hors circuit, fréquenter les librairies anciennes et s’expatrier en restant intra-muros. Voilà un peu de la vraie Parisienne.
Adapté du livre La Parisienne, Ines de la Fressange et Sophie Gachet, 2010, Flammarion.
La Parisienne ne se laisse jamais aller par les tendances parce que
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