Texto 2
Plus de 150 écoles occupées au Brésil
«Ecole de lutte», avertit la banderole accrochée au mur de l’école Fernão Dias, première à avoir été occupée par des élèves le 9 novembre passé au Brésil. Depuis, plus de 150 écoles ont suivi le mouvement, déclenchant une vague de soutien inattendue dans la société civile brésilienne.
A la base du problème, une réforme du gouvernement de l'Etat de São Paulo annoncée par le Secrétariat de l'Education en septembre passé
qui prévoit la fermeture de 94 établissements et la réorganisation de centaines d'autres. Avec à la clefsuppression de salles de classes et de postes, réduction des budgets alloués à l'enseignement et augmentation du nombre d'élèves par classe.
qui prévoit la fermeture de 94 établissements et la réorganisation de centaines d'autres. Avec à la clefsuppression de salles de classes et de postes, réduction des budgets alloués à l'enseignement et augmentation du nombre d'élèves par classe.
Selon le Syndicat des professeurs de l'enseignement officiel de São Paulo, cette restructuration affectera 311000 élèves et 74000 professeurs. Carlos Giannazi, du parti Socialisme et Liberté (PSOL), dénonce une réforme qui, sous prétexte d'améliorer la qualité de l'instruction publique, vise à réduire le budget de l'éducation alors que des sommes importantes viennent encore d'être dégagées pour la police militaire, par exemple.
Début octobre 2016: élèves et professeurs ont manifesté à plusieurs reprises leur volonté d'entamer un dialogue face à une réforme décidée sans qu'ils n'aient été consultés. Face au mutisme du gouvernement, le mouvement s'est radicalisé. A l'école Fernão Dias, les élèves ont voté à l'unanimité l'occupation des bâtiments scolaires. Le Tribunal de Justice de São Paulo a d'abord ordonné l'évacuation des élèves. La police militaire a encerclé l'école, faisant craindre le pire. La Cour a finalement rétrocédé et a demandé aux parties d'entamer une négociation. Le mouvement d'occupation s'est alors largement répandu, touchant plus d'une centaine d'établissements.
Pour Diana Berman, historienne brésilienne établie à Genève, cette organisation autonome et spontanée des étudiants à São Paulo est extrêmement positive, car elle contribue à la politisation de jeunes provenant de couches défavorisées et rassemble plusieurs secteurs de la société civile autour de questions sociales. «Au-delà du résultat, qui n'est pas garanti, le processus en soi est important, car il crée un précédent dans l'implication des jeunes pour leurs droits. Il pose aussi le débat sur la tendance actuelle au démantèlement de l'Etat», ajoute-t-elle en établisant un parallèle avec les débats qui occupent actuellement les usagers de la fonction publique à Genève.
Laura Hunter - LE COURRIER - 28 avril 2016 lecourrier.ch/134530/plus_de_150_ecoles_occupees_au_bresil
L’expression proverbiale qui résume l’avis de Diana Berman sur les manifestations des jeunes étudiants correspond à l’alternative suivante: