Magna Concursos

Foram encontradas 492 questões.

2538525 Ano: 2016
Disciplina: Francês (Língua Francesa)
Banca: CESPE / CEBRASPE
Orgão: IRB
Provas:
A prendre le terme dans la rigueur de l’acception, il n’a jamais existé de véritable démocratie, et il n’en existera jamais. Il est contre l’ordre naturel que le grand nombre gouverne et que le petit soit gouverné. On ne peut imaginer que le peuple reste incessamment assemblé pour vaquer aux affaires publiques, et l’on voit ainsi qu’il ne saurait établir pour cela des commissions, sans que la forme de l’administration change.
En effet, je crois pouvoir poser en principe que, quand les fonctions du gouvernement sont partagées entre plusieurs tribunaux, les moins nombreux acquièrent, tôt outard, la plus grande autorité, ne fût-ce qu’à cause de la facilité d’expédier les affaires, qui les y amène naturellement.
D’alleurs, que de choses difficiles à réunir ne suppose pas ce gouvernement ! Premièrement un état très petit, où le peuple soit facile à rassembler, où chaque citoyen puisse aisément connaître tous les autres : secondement, une grande simplicité de moeurs qui prévienne la multitude d’affaires et les dicussions épineuses : ensuite, beaucoup d’égalité dans les rangs et dans les fortunes, sans quoi l’égalité ne saurait subsister longtemps dans les droits et l’autorité : enfin, peu ou point de luxe ; car, ou le luxe est l’effet des richesses, ou il les rend nécessaires, il corrompt à la fois le riche et le pauvre, l’un par la possession, l’autre par la convoitise ; il vend la patrie à la mollesse, à la vanité ; il ôte à l’état tous ses citoyens pour les asservir les uns aux autres, et tous à l’opinion.
Voilà pourquoi un auteur célèbre [Montesquieu, Esprit des Lois, liv. III, chap. 3] a donné la vertu pour principe à la république, car toutes ces conditions ne sauraient subsister sans la vertu : mais, faute d’avoir fait les distinctions nécessaires, ce beau génie a manqué souvent de justesse, quelquefois de clarté, et n’a pas vu que l’autorité souveraine étant partout la même, le même principe doit avoir lieu dans tout état bien constitué ; plus ou moins il est vrai, selon la forme du gouvernement.
Ajoutons qu’il n’y a pas de gouvernement si sujet aux guerres civiles et aux agitations intestines que le démocratique ou populaire, parce qu’il n’y en a aucun qui tende si fortement et si continuellement à changer de forme, ni qui demande plus de vigilance et de courage pour être maintenu dans la sienne. C’est surtout dans cette constitution que le citoyen doit s’armer de force et de constance, et dire chaque jour de sa vie au fond de son coeur ce que disait un vertueux palatin [le palatin de Posnanie, père du roi de Pologne, duc de Lorraine] dans la diète de Pologne : Malo periculosam libertatem quam quietum servitium [Je préfère une liberté périlleuse à un esclavage tranquille].
S’il y avait un peuple de dieux, il se gouvernerait démocratiquement. Un gouvernement si parfait ne convient pas à des hommes.
Jean-Jacques Rousseau. Du contrat social (1762, livre III, chapitre IV : de la démocratie). Flammarion, s.d., p. 72-4.
Dans le texte, jugez si les items suivants sont vrais (C) ou faux (E).
La proposition « sans que la forme de l’administration change » peut aussi bien s’exprimer en inversant le sujet, sans en changer le sens : sans que change la forme de l’administration.
 

Provas

Questão presente nas seguintes provas
2538524 Ano: 2016
Disciplina: Francês (Língua Francesa)
Banca: CESPE / CEBRASPE
Orgão: IRB
Provas:
A prendre le terme dans la rigueur de l’acception, il n’a jamais existé de véritable démocratie, et il n’en existera jamais. Il est contre l’ordre naturel que le grand nombre gouverne et que le petit soit gouverné. On ne peut imaginer que le peuple reste incessamment assemblé pour vaquer aux affaires publiques, et l’on voit ainsi qu’il ne saurait établir pour cela des commissions, sans que la forme de l’administration change.
En effet, je crois pouvoir poser en principe que, quand les fonctions du gouvernement sont partagées entre plusieurs tribunaux, les moins nombreux acquièrent, tôt outard, la plus grande autorité, ne fût-ce qu’à cause de la facilité d’expédier les affaires, qui les y amène naturellement.
D’alleurs, que de choses difficiles à réunir ne suppose pas ce gouvernement ! Premièrement un état très petit, où le peuple soit facile à rassembler, où chaque citoyen puisse aisément connaître tous les autres : secondement, une grande simplicité de moeurs qui prévienne la multitude d’affaires et les dicussions épineuses : ensuite, beaucoup d’égalité dans les rangs et dans les fortunes, sans quoi l’égalité ne saurait subsister longtemps dans les droits et l’autorité : enfin, peu ou point de luxe ; car, ou le luxe est l’effet des richesses, ou il les rend nécessaires, il corrompt à la fois le riche et le pauvre, l’un par la possession, l’autre par la convoitise ; il vend la patrie à la mollesse, à la vanité ; il ôte à l’état tous ses citoyens pour les asservir les uns aux autres, et tous à l’opinion.
Voilà pourquoi un auteur célèbre [Montesquieu, Esprit des Lois, liv. III, chap. 3] a donné la vertu pour principe à la république, car toutes ces conditions ne sauraient subsister sans la vertu : mais, faute d’avoir fait les distinctions nécessaires, ce beau génie a manqué souvent de justesse, quelquefois de clarté, et n’a pas vu que l’autorité souveraine étant partout la même, le même principe doit avoir lieu dans tout état bien constitué ; plus ou moins il est vrai, selon la forme du gouvernement.
Ajoutons qu’il n’y a pas de gouvernement si sujet aux guerres civiles et aux agitations intestines que le démocratique ou populaire, parce qu’il n’y en a aucun qui tende si fortement et si continuellement à changer de forme, ni qui demande plus de vigilance et de courage pour être maintenu dans la sienne. C’est surtout dans cette constitution que le citoyen doit s’armer de force et de constance, et dire chaque jour de sa vie au fond de son coeur ce que disait un vertueux palatin [le palatin de Posnanie, père du roi de Pologne, duc de Lorraine] dans la diète de Pologne : Malo periculosam libertatem quam quietum servitium [Je préfère une liberté périlleuse à un esclavage tranquille].
S’il y avait un peuple de dieux, il se gouvernerait démocratiquement. Un gouvernement si parfait ne convient pas à des hommes.
Jean-Jacques Rousseau. Du contrat social (1762, livre III, chapitre IV : de la démocratie). Flammarion, s.d., p. 72-4.
Dans le texte, jugez si les items suivants sont vrais (C) ou faux (E).
Aux, dans la proposition « il n’en existera jamais », « en » fait référence à « véritable démocratie ».
 

Provas

Questão presente nas seguintes provas
2538523 Ano: 2016
Disciplina: Francês (Língua Francesa)
Banca: CESPE / CEBRASPE
Orgão: IRB
Provas:
A prendre le terme dans la rigueur de l’acception, il n’a jamais existé de véritable démocratie, et il n’en existera jamais. Il est contre l’ordre naturel que le grand nombre gouverne et que le petit soit gouverné. On ne peut imaginer que le peuple reste incessamment assemblé pour vaquer aux affaires publiques, et l’on voit ainsi qu’il ne saurait établir pour cela des commissions, sans que la forme de l’administration change.
En effet, je crois pouvoir poser en principe que, quand les fonctions du gouvernement sont partagées entre plusieurs tribunaux, les moins nombreux acquièrent, tôt outard, la plus grande autorité, ne fût-ce qu’à cause de la facilité d’expédier les affaires, qui les y amène naturellement.
D’alleurs, que de choses difficiles à réunir ne suppose pas ce gouvernement ! Premièrement un état très petit, où le peuple soit facile à rassembler, où chaque citoyen puisse aisément connaître tous les autres : secondement, une grande simplicité de moeurs qui prévienne la multitude d’affaires et les dicussions épineuses : ensuite, beaucoup d’égalité dans les rangs et dans les fortunes, sans quoi l’égalité ne saurait subsister longtemps dans les droits et l’autorité : enfin, peu ou point de luxe ; car, ou le luxe est l’effet des richesses, ou il les rend nécessaires, il corrompt à la fois le riche et le pauvre, l’un par la possession, l’autre par la convoitise ; il vend la patrie à la mollesse, à la vanité ; il ôte à l’état tous ses citoyens pour les asservir les uns aux autres, et tous à l’opinion.
Voilà pourquoi un auteur célèbre [Montesquieu, Esprit des Lois, liv. III, chap. 3] a donné la vertu pour principe à la république, car toutes ces conditions ne sauraient subsister sans la vertu : mais, faute d’avoir fait les distinctions nécessaires, ce beau génie a manqué souvent de justesse, quelquefois de clarté, et n’a pas vu que l’autorité souveraine étant partout la même, le même principe doit avoir lieu dans tout état bien constitué ; plus ou moins il est vrai, selon la forme du gouvernement.
Ajoutons qu’il n’y a pas de gouvernement si sujet aux guerres civiles et aux agitations intestines que le démocratique ou populaire, parce qu’il n’y en a aucun qui tende si fortement et si continuellement à changer de forme, ni qui demande plus de vigilance et de courage pour être maintenu dans la sienne. C’est surtout dans cette constitution que le citoyen doit s’armer de force et de constance, et dire chaque jour de sa vie au fond de son coeur ce que disait un vertueux palatin [le palatin de Posnanie, père du roi de Pologne, duc de Lorraine] dans la diète de Pologne : Malo periculosam libertatem quam quietum servitium [Je préfère une liberté périlleuse à un esclavage tranquille].
S’il y avait un peuple de dieux, il se gouvernerait démocratiquement. Un gouvernement si parfait ne convient pas à des hommes.
Jean-Jacques Rousseau. Du contrat social (1762, livre III, chapitre IV : de la démocratie). Flammarion, s.d., p. 72-4.
Dans le texte, jugez si les items suivants sont vrais (C) ou faux (E).
À la, « sans quoi » peut aussi bien s’exprimer par sinon.
 

Provas

Questão presente nas seguintes provas
2538522 Ano: 2016
Disciplina: Francês (Língua Francesa)
Banca: CESPE / CEBRASPE
Orgão: IRB
Provas:
Washington n’appartient pas, comme Bonaparte, à cette race qui dépasse la stature humaine. Rien d’étonnant ne s’attache à sa personne ; il n’est point placé sur un vaste théâtre ; il n’est point aux prises avec les capitaines les plus habiles, et les plus puissants monarques du temps ; il ne court point de Memphis à Vienne, de Cadix à Moscou ; il se défend avec une poignée de citoyens sur une terre sans célébrité, dans le cercle étroit des foyers domestiques. Il ne livre point de ces combats qui renouvellent les triomphes d’Arbelles et de Pharsale ; il ne renverse point les trônes pour en recomposer d’autres avec leurs débris ; il ne fait point dire aux rois à sa porte :
Qu’ils se font trop attendre, et qu’Attila s’ennuie. [Corneille] Quelque chose de silencieux enveloppe les actions de Washington ; il agit avec lenteur ; on dirait qu’il se sent chargé de la liberté de l’avenir, et qu’il craint de la compromettre. Ce ne sont pas ses destinées que porte ce héros d’une nouvelle espèce : ce sont celles de son pays, il ne se permet pas de jouer ce qui ne lui appartient pas ; mais de cette profonde humilité quelle lumière va jaillir ! Cherchez les bois où brilla l’épée de Washington : qu’y trouvez-vous ? Des tombeaux ? Non ; un monde ! Washington a laissé les Etats-Unis pour trophée sur son champ de bataille.
Bonaparte n’a aucun trait de ce grave Américain : il combat avec fracas sur une vieille terre, il ne veut créer que sa renommée, il ne se charge que de son propre sort. Il semble savoir que sa mission sera courte, que le torrent qui descend de si haut s’écoulera vite ; il se hâte de jouir et d’abuser de sa gloire, comme d’une jeunesse fugitive. A l’instar des dieux d’Homère, il veut arriver en quatre pas au bout du monde. Il paraît sur tous les rivages ; il inscrit précipitamment son nom dans les fastes de tous les peuples ; il jette des couronnes à sa famille et à ses soldats ; il se dépêche dans ses monuments, dans ses lois, dans ses victoires. Penché sur le monde, d’une main il terrasse les rois, de l’autre il abat le géant révolutionnaire ; mais, en écrasant l’anarchie, il étouffe la liberté et finit par perdre la sienne sur son dernier champ de bataille.
Chacun est récompensé selon ses oeuvres : Washington élève une nation à l’indépendance ; magistrat en repos, il s’endort sous son toit au milieu des regrets de ses compatriotes et de la vénération des peuples.
Bonaparte ravit à une nation son indépendance : empereur déchu, il est précipité dans l’exil, où la frayeur de la terre ne le croit pas encore assez emprisonné sous la garde de l’océan. Il expire : cette nouvelle publiée à la porte du palais devant laquelle le conquérant fit proclamer tant de funérailles, n’arrête ni n’étonne le passant : qu’avaient à pleurer les citoyens ?
La République de Washington subsiste ; l’empire de Bonaparte est détruit. Washington et Bonaparte sortirent du sein de la démocratie : nés tous deux de la liberté, le premier lui fut fidèle, le second la trahit.
Chateaubriand. Memoires d’outre-tombe. (1850, 1re partie, livre sixième, 8 : parallèle de Washington et de Bonaparte. Editions Flammarion, 1982, tome I, p. 281-3.
Dans le texte, jugez si les items suivants sont vrais (C) ou faux (E).
L’expression « dans les fastes de tous les peuples » signifie au sens figuré dans les richesses, dans les grands déploiements de luxe et de magnificence.
 

Provas

Questão presente nas seguintes provas
2538521 Ano: 2016
Disciplina: Francês (Língua Francesa)
Banca: CESPE / CEBRASPE
Orgão: IRB
Provas:
Washington n’appartient pas, comme Bonaparte, à cette race qui dépasse la stature humaine. Rien d’étonnant ne s’attache à sa personne ; il n’est point placé sur un vaste théâtre ; il n’est point aux prises avec les capitaines les plus habiles, et les plus puissants monarques du temps ; il ne court point de Memphis à Vienne, de Cadix à Moscou ; il se défend avec une poignée de citoyens sur une terre sans célébrité, dans le cercle étroit des foyers domestiques. Il ne livre point de ces combats qui renouvellent les triomphes d’Arbelles et de Pharsale ; il ne renverse point les trônes pour en recomposer d’autres avec leurs débris ; il ne fait point dire aux rois à sa porte :
Qu’ils se font trop attendre, et qu’Attila s’ennuie. [Corneille] Quelque chose de silencieux enveloppe les actions de Washington ; il agit avec lenteur ; on dirait qu’il se sent chargé de la liberté de l’avenir, et qu’il craint de la compromettre. Ce ne sont pas ses destinées que porte ce héros d’une nouvelle espèce : ce sont celles de son pays, il ne se permet pas de jouer ce qui ne lui appartient pas ; mais de cette profonde humilité quelle lumière va jaillir ! Cherchez les bois où brilla l’épée de Washington : qu’y trouvez-vous ? Des tombeaux ? Non ; un monde ! Washington a laissé les Etats-Unis pour trophée sur son champ de bataille.
Bonaparte n’a aucun trait de ce grave Américain : il combat avec fracas sur une vieille terre, il ne veut créer que sa renommée, il ne se charge que de son propre sort. Il semble savoir que sa mission sera courte, que le torrent qui descend de si haut s’écoulera vite ; il se hâte de jouir et d’abuser de sa gloire, comme d’une jeunesse fugitive. A l’instar des dieux d’Homère, il veut arriver en quatre pas au bout du monde. Il paraît sur tous les rivages ; il inscrit précipitamment son nom dans les fastes de tous les peuples ; il jette des couronnes à sa famille et à ses soldats ; il se dépêche dans ses monuments, dans ses lois, dans ses victoires. Penché sur le monde, d’une main il terrasse les rois, de l’autre il abat le géant révolutionnaire ; mais, en écrasant l’anarchie, il étouffe la liberté et finit par perdre la sienne sur son dernier champ de bataille.
Chacun est récompensé selon ses oeuvres : Washington élève une nation à l’indépendance ; magistrat en repos, il s’endort sous son toit au milieu des regrets de ses compatriotes et de la vénération des peuples.
Bonaparte ravit à une nation son indépendance : empereur déchu, il est précipité dans l’exil, où la frayeur de la terre ne le croit pas encore assez emprisonné sous la garde de l’océan. Il expire : cette nouvelle publiée à la porte du palais devant laquelle le conquérant fit proclamer tant de funérailles, n’arrête ni n’étonne le passant : qu’avaient à pleurer les citoyens ?
La République de Washington subsiste ; l’empire de Bonaparte est détruit. Washington et Bonaparte sortirent du sein de la démocratie : nés tous deux de la liberté, le premier lui fut fidèle, le second la trahit.
Chateaubriand. Memoires d’outre-tombe. (1850, 1re partie, livre sixième, 8 : parallèle de Washington et de Bonaparte. Editions Flammarion, 1982, tome I, p. 281-3.
Dans le texte, jugez si les items suivants sont vrais (C) ou faux (E).
Aux, l’expression « A l’instar des dieux d’Homère » signifie à l’inverse des dieux d’Homère, au contraire des dieux d’Homère, contrairement aux dieux d’Homère.
 

Provas

Questão presente nas seguintes provas
2538520 Ano: 2016
Disciplina: Francês (Língua Francesa)
Banca: CESPE / CEBRASPE
Orgão: IRB
Provas:
Washington n’appartient pas, comme Bonaparte, à cette race qui dépasse la stature humaine. Rien d’étonnant ne s’attache à sa personne ; il n’est point placé sur un vaste théâtre ; il n’est point aux prises avec les capitaines les plus habiles, et les plus puissants monarques du temps ; il ne court point de Memphis à Vienne, de Cadix à Moscou ; il se défend avec une poignée de citoyens sur une terre sans célébrité, dans le cercle étroit des foyers domestiques. Il ne livre point de ces combats qui renouvellent les triomphes d’Arbelles et de Pharsale ; il ne renverse point les trônes pour en recomposer d’autres avec leurs débris ; il ne fait point dire aux rois à sa porte :
Qu’ils se font trop attendre, et qu’Attila s’ennuie. [Corneille] Quelque chose de silencieux enveloppe les actions de Washington ; il agit avec lenteur ; on dirait qu’il se sent chargé de la liberté de l’avenir, et qu’il craint de la compromettre. Ce ne sont pas ses destinées que porte ce héros d’une nouvelle espèce : ce sont celles de son pays, il ne se permet pas de jouer ce qui ne lui appartient pas ; mais de cette profonde humilité quelle lumière va jaillir ! Cherchez les bois où brilla l’épée de Washington : qu’y trouvez-vous ? Des tombeaux ? Non ; un monde ! Washington a laissé les Etats-Unis pour trophée sur son champ de bataille.
Bonaparte n’a aucun trait de ce grave Américain : il combat avec fracas sur une vieille terre, il ne veut créer que sa renommée, il ne se charge que de son propre sort. Il semble savoir que sa mission sera courte, que le torrent qui descend de si haut s’écoulera vite ; il se hâte de jouir et d’abuser de sa gloire, comme d’une jeunesse fugitive. A l’instar des dieux d’Homère, il veut arriver en quatre pas au bout du monde. Il paraît sur tous les rivages ; il inscrit précipitamment son nom dans les fastes de tous les peuples ; il jette des couronnes à sa famille et à ses soldats ; il se dépêche dans ses monuments, dans ses lois, dans ses victoires. Penché sur le monde, d’une main il terrasse les rois, de l’autre il abat le géant révolutionnaire ; mais, en écrasant l’anarchie, il étouffe la liberté et finit par perdre la sienne sur son dernier champ de bataille.
Chacun est récompensé selon ses oeuvres : Washington élève une nation à l’indépendance ; magistrat en repos, il s’endort sous son toit au milieu des regrets de ses compatriotes et de la vénération des peuples.
Bonaparte ravit à une nation son indépendance : empereur déchu, il est précipité dans l’exil, où la frayeur de la terre ne le croit pas encore assez emprisonné sous la garde de l’océan. Il expire : cette nouvelle publiée à la porte du palais devant laquelle le conquérant fit proclamer tant de funérailles, n’arrête ni n’étonne le passant : qu’avaient à pleurer les citoyens ?
La République de Washington subsiste ; l’empire de Bonaparte est détruit. Washington et Bonaparte sortirent du sein de la démocratie : nés tous deux de la liberté, le premier lui fut fidèle, le second la trahit.
Chateaubriand. Memoires d’outre-tombe. (1850, 1re partie, livre sixième, 8 : parallèle de Washington et de Bonaparte. Editions Flammarion, 1982, tome I, p. 281-3.
Dans le texte, jugez si les items suivants sont vrais (C) ou faux (E).
À la, l’expression « déchu » signifie qui est tombé, qui a été expulsé du pouvoir.
 

Provas

Questão presente nas seguintes provas
2538519 Ano: 2016
Disciplina: Francês (Língua Francesa)
Banca: CESPE / CEBRASPE
Orgão: IRB
Provas:
Washington n’appartient pas, comme Bonaparte, à cette race qui dépasse la stature humaine. Rien d’étonnant ne s’attache à sa personne ; il n’est point placé sur un vaste théâtre ; il n’est point aux prises avec les capitaines les plus habiles, et les plus puissants monarques du temps ; il ne court point de Memphis à Vienne, de Cadix à Moscou ; il se défend avec une poignée de citoyens sur une terre sans célébrité, dans le cercle étroit des foyers domestiques. Il ne livre point de ces combats qui renouvellent les triomphes d’Arbelles et de Pharsale ; il ne renverse point les trônes pour en recomposer d’autres avec leurs débris ; il ne fait point dire aux rois à sa porte :
Qu’ils se font trop attendre, et qu’Attila s’ennuie. [Corneille] Quelque chose de silencieux enveloppe les actions de Washington ; il agit avec lenteur ; on dirait qu’il se sent chargé de la liberté de l’avenir, et qu’il craint de la compromettre. Ce ne sont pas ses destinées que porte ce héros d’une nouvelle espèce : ce sont celles de son pays, il ne se permet pas de jouer ce qui ne lui appartient pas ; mais de cette profonde humilité quelle lumière va jaillir ! Cherchez les bois où brilla l’épée de Washington : qu’y trouvez-vous ? Des tombeaux ? Non ; un monde ! Washington a laissé les Etats-Unis pour trophée sur son champ de bataille.
Bonaparte n’a aucun trait de ce grave Américain : il combat avec fracas sur une vieille terre, il ne veut créer que sa renommée, il ne se charge que de son propre sort. Il semble savoir que sa mission sera courte, que le torrent qui descend de si haut s’écoulera vite ; il se hâte de jouir et d’abuser de sa gloire, comme d’une jeunesse fugitive. A l’instar des dieux d’Homère, il veut arriver en quatre pas au bout du monde. Il paraît sur tous les rivages ; il inscrit précipitamment son nom dans les fastes de tous les peuples ; il jette des couronnes à sa famille et à ses soldats ; il se dépêche dans ses monuments, dans ses lois, dans ses victoires. Penché sur le monde, d’une main il terrasse les rois, de l’autre il abat le géant révolutionnaire ; mais, en écrasant l’anarchie, il étouffe la liberté et finit par perdre la sienne sur son dernier champ de bataille.
Chacun est récompensé selon ses oeuvres : Washington élève une nation à l’indépendance ; magistrat en repos, il s’endort sous son toit au milieu des regrets de ses compatriotes et de la vénération des peuples.
Bonaparte ravit à une nation son indépendance : empereur déchu, il est précipité dans l’exil, où la frayeur de la terre ne le croit pas encore assez emprisonné sous la garde de l’océan. Il expire : cette nouvelle publiée à la porte du palais devant laquelle le conquérant fit proclamer tant de funérailles, n’arrête ni n’étonne le passant : qu’avaient à pleurer les citoyens ?
La République de Washington subsiste ; l’empire de Bonaparte est détruit. Washington et Bonaparte sortirent du sein de la démocratie : nés tous deux de la liberté, le premier lui fut fidèle, le second la trahit.
Chateaubriand. Memoires d’outre-tombe. (1850, 1re partie, livre sixième, 8 : parallèle de Washington et de Bonaparte. Editions Flammarion, 1982, tome I, p. 281-3.
Dans le texte, jugez si les items suivants sont vrais (C) ou faux (E).
Aux, dans « d’une main il terrasse les rois, de l’autre il abat le géant révolutionnaire », on pourrait aussi bien inverser les deux constructions sans modifier le sens de la phrase : d’une main il abat les rois, de l’autre il terrasse le géant révolutionnaire.
 

Provas

Questão presente nas seguintes provas
2538518 Ano: 2016
Disciplina: Francês (Língua Francesa)
Banca: CESPE / CEBRASPE
Orgão: IRB
Provas:
Washington n’appartient pas, comme Bonaparte, à cette race qui dépasse la stature humaine. Rien d’étonnant ne s’attache à sa personne ; il n’est point placé sur un vaste théâtre ; il n’est point aux prises avec les capitaines les plus habiles, et les plus puissants monarques du temps ; il ne court point de Memphis à Vienne, de Cadix à Moscou ; il se défend avec une poignée de citoyens sur une terre sans célébrité, dans le cercle étroit des foyers domestiques. Il ne livre point de ces combats qui renouvellent les triomphes d’Arbelles et de Pharsale ; il ne renverse point les trônes pour en recomposer d’autres avec leurs débris ; il ne fait point dire aux rois à sa porte :
Qu’ils se font trop attendre, et qu’Attila s’ennuie. [Corneille] Quelque chose de silencieux enveloppe les actions de Washington ; il agit avec lenteur ; on dirait qu’il se sent chargé de la liberté de l’avenir, et qu’il craint de la compromettre. Ce ne sont pas ses destinées que porte ce héros d’une nouvelle espèce : ce sont celles de son pays, il ne se permet pas de jouer ce qui ne lui appartient pas ; mais de cette profonde humilité quelle lumière va jaillir ! Cherchez les bois où brilla l’épée de Washington : qu’y trouvez-vous ? Des tombeaux ? Non ; un monde ! Washington a laissé les Etats-Unis pour trophée sur son champ de bataille.
Bonaparte n’a aucun trait de ce grave Américain : il combat avec fracas sur une vieille terre, il ne veut créer que sa renommée, il ne se charge que de son propre sort. Il semble savoir que sa mission sera courte, que le torrent qui descend de si haut s’écoulera vite ; il se hâte de jouir et d’abuser de sa gloire, comme d’une jeunesse fugitive. A l’instar des dieux d’Homère, il veut arriver en quatre pas au bout du monde. Il paraît sur tous les rivages ; il inscrit précipitamment son nom dans les fastes de tous les peuples ; il jette des couronnes à sa famille et à ses soldats ; il se dépêche dans ses monuments, dans ses lois, dans ses victoires. Penché sur le monde, d’une main il terrasse les rois, de l’autre il abat le géant révolutionnaire ; mais, en écrasant l’anarchie, il étouffe la liberté et finit par perdre la sienne sur son dernier champ de bataille.
Chacun est récompensé selon ses oeuvres : Washington élève une nation à l’indépendance ; magistrat en repos, il s’endort sous son toit au milieu des regrets de ses compatriotes et de la vénération des peuples.
Bonaparte ravit à une nation son indépendance : empereur déchu, il est précipité dans l’exil, où la frayeur de la terre ne le croit pas encore assez emprisonné sous la garde de l’océan. Il expire : cette nouvelle publiée à la porte du palais devant laquelle le conquérant fit proclamer tant de funérailles, n’arrête ni n’étonne le passant : qu’avaient à pleurer les citoyens ?
La République de Washington subsiste ; l’empire de Bonaparte est détruit. Washington et Bonaparte sortirent du sein de la démocratie : nés tous deux de la liberté, le premier lui fut fidèle, le second la trahit.
Chateaubriand. Memoires d’outre-tombe. (1850, 1re partie, livre sixième, 8 : parallèle de Washington et de Bonaparte. Editions Flammarion, 1982, tome I, p. 281-3.
Dans le texte, jugez si les items suivants sont vrais (C) ou faux (E).
À la, « il se hâte de » signifie il s’empresse de, il se dépêche de.
 

Provas

Questão presente nas seguintes provas
2538517 Ano: 2016
Disciplina: Francês (Língua Francesa)
Banca: CESPE / CEBRASPE
Orgão: IRB
Provas:
Washington n’appartient pas, comme Bonaparte, à cette race qui dépasse la stature humaine. Rien d’étonnant ne s’attache à sa personne ; il n’est point placé sur un vaste théâtre ; il n’est point aux prises avec les capitaines les plus habiles, et les plus puissants monarques du temps ; il ne court point de Memphis à Vienne, de Cadix à Moscou ; il se défend avec une poignée de citoyens sur une terre sans célébrité, dans le cercle étroit des foyers domestiques. Il ne livre point de ces combats qui renouvellent les triomphes d’Arbelles et de Pharsale ; il ne renverse point les trônes pour en recomposer d’autres avec leurs débris ; il ne fait point dire aux rois à sa porte :
Qu’ils se font trop attendre, et qu’Attila s’ennuie. [Corneille] Quelque chose de silencieux enveloppe les actions de Washington ; il agit avec lenteur ; on dirait qu’il se sent chargé de la liberté de l’avenir, et qu’il craint de la compromettre. Ce ne sont pas ses destinées que porte ce héros d’une nouvelle espèce : ce sont celles de son pays, il ne se permet pas de jouer ce qui ne lui appartient pas ; mais de cette profonde humilité quelle lumière va jaillir ! Cherchez les bois où brilla l’épée de Washington : qu’y trouvez-vous ? Des tombeaux ? Non ; un monde ! Washington a laissé les Etats-Unis pour trophée sur son champ de bataille.
Bonaparte n’a aucun trait de ce grave Américain : il combat avec fracas sur une vieille terre, il ne veut créer que sa renommée, il ne se charge que de son propre sort. Il semble savoir que sa mission sera courte, que le torrent qui descend de si haut s’écoulera vite ; il se hâte de jouir et d’abuser de sa gloire, comme d’une jeunesse fugitive. A l’instar des dieux d’Homère, il veut arriver en quatre pas au bout du monde. Il paraît sur tous les rivages ; il inscrit précipitamment son nom dans les fastes de tous les peuples ; il jette des couronnes à sa famille et à ses soldats ; il se dépêche dans ses monuments, dans ses lois, dans ses victoires. Penché sur le monde, d’une main il terrasse les rois, de l’autre il abat le géant révolutionnaire ; mais, en écrasant l’anarchie, il étouffe la liberté et finit par perdre la sienne sur son dernier champ de bataille.
Chacun est récompensé selon ses oeuvres : Washington élève une nation à l’indépendance ; magistrat en repos, il s’endort sous son toit au milieu des regrets de ses compatriotes et de la vénération des peuples.
Bonaparte ravit à une nation son indépendance : empereur déchu, il est précipité dans l’exil, où la frayeur de la terre ne le croit pas encore assez emprisonné sous la garde de l’océan. Il expire : cette nouvelle publiée à la porte du palais devant laquelle le conquérant fit proclamer tant de funérailles, n’arrête ni n’étonne le passant : qu’avaient à pleurer les citoyens ?
La République de Washington subsiste ; l’empire de Bonaparte est détruit. Washington et Bonaparte sortirent du sein de la démocratie : nés tous deux de la liberté, le premier lui fut fidèle, le second la trahit.
Chateaubriand. Memoires d’outre-tombe. (1850, 1re partie, livre sixième, 8 : parallèle de Washington et de Bonaparte. Editions Flammarion, 1982, tome I, p. 281-3.
Dans le texte, jugez si les items suivants sont vrais (C) ou faux (E).
L’expression « avec fracas » signifie en cassant, en brisant, en détruisant tout par les armes.
 

Provas

Questão presente nas seguintes provas
2538516 Ano: 2016
Disciplina: Francês (Língua Francesa)
Banca: CESPE / CEBRASPE
Orgão: IRB
Provas:
Washington n’appartient pas, comme Bonaparte, à cette race qui dépasse la stature humaine. Rien d’étonnant ne s’attache à sa personne ; il n’est point placé sur un vaste théâtre ; il n’est point aux prises avec les capitaines les plus habiles, et les plus puissants monarques du temps ; il ne court point de Memphis à Vienne, de Cadix à Moscou ; il se défend avec une poignée de citoyens sur une terre sans célébrité, dans le cercle étroit des foyers domestiques. Il ne livre point de ces combats qui renouvellent les triomphes d’Arbelles et de Pharsale ; il ne renverse point les trônes pour en recomposer d’autres avec leurs débris ; il ne fait point dire aux rois à sa porte :
Qu’ils se font trop attendre, et qu’Attila s’ennuie. [Corneille] Quelque chose de silencieux enveloppe les actions de Washington ; il agit avec lenteur ; on dirait qu’il se sent chargé de la liberté de l’avenir, et qu’il craint de la compromettre. Ce ne sont pas ses destinées que porte ce héros d’une nouvelle espèce : ce sont celles de son pays, il ne se permet pas de jouer ce qui ne lui appartient pas ; mais de cette profonde humilité quelle lumière va jaillir ! Cherchez les bois où brilla l’épée de Washington : qu’y trouvez-vous ? Des tombeaux ? Non ; un monde ! Washington a laissé les Etats-Unis pour trophée sur son champ de bataille.
Bonaparte n’a aucun trait de ce grave Américain : il combat avec fracas sur une vieille terre, il ne veut créer que sa renommée, il ne se charge que de son propre sort. Il semble savoir que sa mission sera courte, que le torrent qui descend de si haut s’écoulera vite ; il se hâte de jouir et d’abuser de sa gloire, comme d’une jeunesse fugitive. A l’instar des dieux d’Homère, il veut arriver en quatre pas au bout du monde. Il paraît sur tous les rivages ; il inscrit précipitamment son nom dans les fastes de tous les peuples ; il jette des couronnes à sa famille et à ses soldats ; il se dépêche dans ses monuments, dans ses lois, dans ses victoires. Penché sur le monde, d’une main il terrasse les rois, de l’autre il abat le géant révolutionnaire ; mais, en écrasant l’anarchie, il étouffe la liberté et finit par perdre la sienne sur son dernier champ de bataille.
Chacun est récompensé selon ses oeuvres : Washington élève une nation à l’indépendance ; magistrat en repos, il s’endort sous son toit au milieu des regrets de ses compatriotes et de la vénération des peuples.
Bonaparte ravit à une nation son indépendance : empereur déchu, il est précipité dans l’exil, où la frayeur de la terre ne le croit pas encore assez emprisonné sous la garde de l’océan. Il expire : cette nouvelle publiée à la porte du palais devant laquelle le conquérant fit proclamer tant de funérailles, n’arrête ni n’étonne le passant : qu’avaient à pleurer les citoyens ?
La République de Washington subsiste ; l’empire de Bonaparte est détruit. Washington et Bonaparte sortirent du sein de la démocratie : nés tous deux de la liberté, le premier lui fut fidèle, le second la trahit.
Chateaubriand. Memoires d’outre-tombe. (1850, 1re partie, livre sixième, 8 : parallèle de Washington et de Bonaparte. Editions Flammarion, 1982, tome I, p. 281-3.
Dans le texte, jugez si les items suivants sont vrais (C) ou faux (E).
L’expression « de cette profonde humilité » est un éloge en contraste avec « cette race qui dépasse la stature humaine ».
 

Provas

Questão presente nas seguintes provas