Magna Concursos

Foram encontradas 492 questões.

2538504 Ano: 2016
Disciplina: Francês (Língua Francesa)
Banca: CESPE / CEBRASPE
Orgão: IRB
Provas:
Washington n’appartient pas, comme Bonaparte, à cette race qui dépasse la stature humaine. Rien d’étonnant ne s’attache à sa personne ; il n’est point placé sur un vaste théâtre ; il n’est point aux prises avec les capitaines les plus habiles, et les plus puissants monarques du temps ; il ne court point de Memphis à Vienne, de Cadix à Moscou ; il se défend avec une poignée de citoyens sur une terre sans célébrité, dans le cercle étroit des foyers domestiques. Il ne livre point de ces combats qui renouvellent les triomphes d’Arbelles et de Pharsale ; il ne renverse point les trônes pour en recomposer d’autres avec leurs débris ; il ne fait point dire aux rois à sa porte :
Qu’ils se font trop attendre, et qu’Attila s’ennuie. [Corneille] Quelque chose de silencieux enveloppe les actions de Washington ; il agit avec lenteur ; on dirait qu’il se sent chargé de la liberté de l’avenir, et qu’il craint de la compromettre. Ce ne sont pas ses destinées que porte ce héros d’une nouvelle espèce : ce sont celles de son pays, il ne se permet pas de jouer ce qui ne lui appartient pas ; mais de cette profonde humilité quelle lumière va jaillir ! Cherchez les bois où brilla l’épée de Washington : qu’y trouvez-vous ? Des tombeaux ? Non ; un monde ! Washington a laissé les Etats-Unis pour trophée sur son champ de bataille.
Bonaparte n’a aucun trait de ce grave Américain : il combat avec fracas sur une vieille terre, il ne veut créer que sa renommée, il ne se charge que de son propre sort. Il semble savoir que sa mission sera courte, que le torrent qui descend de si haut s’écoulera vite ; il se hâte de jouir et d’abuser de sa gloire, comme d’une jeunesse fugitive. A l’instar des dieux d’Homère, il veut arriver en quatre pas au bout du monde. Il paraît sur tous les rivages ; il inscrit précipitamment son nom dans les fastes de tous les peuples ; il jette des couronnes à sa famille et à ses soldats ; il se dépêche dans ses monuments, dans ses lois, dans ses victoires. Penché sur le monde, d’une main il terrasse les rois, de l’autre il abat le géant révolutionnaire ; mais, en écrasant l’anarchie, il étouffe la liberté et finit par perdre la sienne sur son dernier champ de bataille.
Chacun est récompensé selon ses oeuvres : Washington élève une nation à l’indépendance ; magistrat en repos, il s’endort sous son toit au milieu des regrets de ses compatriotes et de la vénération des peuples.
Bonaparte ravit à une nation son indépendance : empereur déchu, il est précipité dans l’exil, où la frayeur de la terre ne le croit pas encore assez emprisonné sous la garde de l’océan. Il expire : cette nouvelle publiée à la porte du palais devant laquelle le conquérant fit proclamer tant de funérailles, n’arrête ni n’étonne le passant : qu’avaient à pleurer les citoyens ?
La République de Washington subsiste ; l’empire de Bonaparte est détruit. Washington et Bonaparte sortirent du sein de la démocratie : nés tous deux de la liberté, le premier lui fut fidèle, le second la trahit.
Chateaubriand. Memoires d’outre-tombe. (1850, 1re partie, livre sixième, 8 : parallèle de Washington et de Bonaparte). Editions Flammarion, 1982, tome I, p. 281-3.
Dans le texte, jugez si les items suivants sont vrais (C) ou faux (E).
Aux, dans la phrase « le premier lui fut fidèle, le second la trahit », les deux pronoms personnels « lui » et « la » pronominalisent « la liberté ».
 

Provas

Questão presente nas seguintes provas
2538503 Ano: 2016
Disciplina: Francês (Língua Francesa)
Banca: CESPE / CEBRASPE
Orgão: IRB
Provas:
Washington n’appartient pas, comme Bonaparte, à cette race qui dépasse la stature humaine. Rien d’étonnant ne s’attache à sa personne ; il n’est point placé sur un vaste théâtre ; il n’est point aux prises avec les capitaines les plus habiles, et les plus puissants monarques du temps ; il ne court point de Memphis à Vienne, de Cadix à Moscou ; il se défend avec une poignée de citoyens sur une terre sans célébrité, dans le cercle étroit des foyers domestiques. Il ne livre point de ces combats qui renouvellent les triomphes d’Arbelles et de Pharsale ; il ne renverse point les trônes pour en recomposer d’autres avec leurs débris ; il ne fait point dire aux rois à sa porte :
Qu’ils se font trop attendre, et qu’Attila s’ennuie. [Corneille] Quelque chose de silencieux enveloppe les actions de Washington ; il agit avec lenteur ; on dirait qu’il se sent chargé de la liberté de l’avenir, et qu’il craint de la compromettre. Ce ne sont pas ses destinées que porte ce héros d’une nouvelle espèce : ce sont celles de son pays, il ne se permet pas de jouer ce qui ne lui appartient pas ; mais de cette profonde humilité quelle lumière va jaillir ! Cherchez les bois où brilla l’épée de Washington : qu’y trouvez-vous ? Des tombeaux ? Non ; un monde ! Washington a laissé les Etats-Unis pour trophée sur son champ de bataille.
Bonaparte n’a aucun trait de ce grave Américain : il combat avec fracas sur une vieille terre, il ne veut créer que sa renommée, il ne se charge que de son propre sort. Il semble savoir que sa mission sera courte, que le torrent qui descend de si haut s’écoulera vite ; il se hâte de jouir et d’abuser de sa gloire, comme d’une jeunesse fugitive. A l’instar des dieux d’Homère, il veut arriver en quatre pas au bout du monde. Il paraît sur tous les rivages ; il inscrit précipitamment son nom dans les fastes de tous les peuples ; il jette des couronnes à sa famille et à ses soldats ; il se dépêche dans ses monuments, dans ses lois, dans ses victoires. Penché sur le monde, d’une main il terrasse les rois, de l’autre il abat le géant révolutionnaire ; mais, en écrasant l’anarchie, il étouffe la liberté et finit par perdre la sienne sur son dernier champ de bataille.
Chacun est récompensé selon ses oeuvres : Washington élève une nation à l’indépendance ; magistrat en repos, il s’endort sous son toit au milieu des regrets de ses compatriotes et de la vénération des peuples.
Bonaparte ravit à une nation son indépendance : empereur déchu, il est précipité dans l’exil, où la frayeur de la terre ne le croit pas encore assez emprisonné sous la garde de l’océan. Il expire : cette nouvelle publiée à la porte du palais devant laquelle le conquérant fit proclamer tant de funérailles, n’arrête ni n’étonne le passant : qu’avaient à pleurer les citoyens ?
La République de Washington subsiste ; l’empire de Bonaparte est détruit. Washington et Bonaparte sortirent du sein de la démocratie : nés tous deux de la liberté, le premier lui fut fidèle, le second la trahit.
Chateaubriand. Memoires d’outre-tombe. (1850, 1re partie, livre sixième, 8 : parallèle de Washington et de Bonaparte). Editions Flammarion, 1982, tome I, p. 281-3.
Dans le texte, jugez si les items suivants sont vrais (C) ou faux (E).
À la, dans la phrase « et finit par perdre la sienne », le pronom possessif « la sienne » pronominalise « la liberté ».
 

Provas

Questão presente nas seguintes provas
2538502 Ano: 2016
Disciplina: Francês (Língua Francesa)
Banca: CESPE / CEBRASPE
Orgão: IRB
Provas:
Le XIXème siècle possède deux types de sociétés qui ont fait leurs preuves, et qui, malgré les incertitudes qui peuvent peser sur leur avenir, auront une grande place dans l’histoire de la civilisation. L’un est le type américain, fondé essentiellement sur la liberté et la propriété, sans privilèges de classes, sans institutions anciennes, sans histoire, sans société aristocratique, sans cour, sans pouvoir brillant, sans universités sérieuses ni fortes institutions scientifiques, sans service militaire obligatoire pour les citoyens. Dans ce système, l’individu, très peu protégé par l’Etat, aussi très peu gêné par l’Etat. Jeté sans patron dans la bataille de la vie, il s’en tire comme il peut, et s’enrichit, s’appauvrit, sans qu’il songe une seule fois à se plaindre du gouvernement, à le renverser, à lui demander quelque chose, à déclamer contre la liberté et la propriété. Le plaisir de déployer son activité à toute vapeur lui suffit, même quand les chances de la loterie ne lui ont pas été favorables. Ces sociétés manquent de distinction, de noblesse ; elles ne font guère d’oeuvres originales en fait d’art et de science ; mais elles peuvent arriver à être très puissantes, et d’excellentes choses peuvent s’y produire. La grosse question est de savoir combien de temps elles dureront, quelles maladies particulières les affecteront, comment elles se comporteront à l’égard du socialisme, qui les a jusqu’ici peu atteintes.
Le second type de société que notre siècle voit exister avec éclat est celui que j’appellerai l’ancien régime développé et corrigé. La Prusse en offre le meilleur modèle. Ici l’individu est pris, élevé, façonné, dressé, discipliné, requis sans cesse par une société dérivant du passé, moulée dans de vieilles institutions, s’arrogeant une maîtrise de moralité et de raison. L’individu, dans ce système, donne énormément à l’Etat ; il reçoit en échange de l’Etat une forte culture intellectuelle et morale, ainsi que la joie de participer à une grande oeuvre. Ces sociétés sont particulièrement nobles ; elles créent la science ; elles dirigent l’esprit humain ; elles font l’histoire ; mais elles sont de jour en jour affaiblies par les réclamations de l’égoïsme individuel, qui trouve que le fardeau que l’Etat lui impose est trop lourd à porter. Ces sociétés en effet impliquent des catégories entières de sacrifiés, de gens qui doivent se résigner à une vie triste sans espoir d’amélioration. L’éveil de la conscience populaire et jusqu’à un certain point l’instruction du peuple minent ces grands édifices féodaux et les menacent de ruine. La France, qui était autrefois une société de ce genre, est tombée. L’Angleterre s’éloigne sans cesse du type que nous venons de décrire pour se rapprocher du type américain. L’Allemagne maintient ce grand cadre, non sans que des signes de révolte s’y fassent déjà entrevoir. Jusqu’à quel point cet esprit de révolte, qui n’est autre que la démocratie socialiste, envahira-t-il les pays germaniques à leur tour ? Voilà la question qui doit préoccuper le plus un esprit réfléchi. Nous manquons d’éléments pour y répondre avec précision.
Ernest Renan. La reforme intellectuelle et morale de la France (1871). Union Générale d’Éditions, 10/18, 1967, p. 167-70.
Dans le texte, jugez si les items suivants sont vrais (C) ou faux (E).
À la, « quelles maladies » fait allusion aux forts risques d’épidémies à l’époque.
 

Provas

Questão presente nas seguintes provas
2538501 Ano: 2016
Disciplina: Francês (Língua Francesa)
Banca: CESPE / CEBRASPE
Orgão: IRB
Provas:
Le XIXème siècle possède deux types de sociétés qui ont fait leurs preuves, et qui, malgré les incertitudes qui peuvent peser sur leur avenir, auront une grande place dans l’histoire de la civilisation. L’un est le type américain, fondé essentiellement sur la liberté et la propriété, sans privilèges de classes, sans institutions anciennes, sans histoire, sans société aristocratique, sans cour, sans pouvoir brillant, sans universités sérieuses ni fortes institutions scientifiques, sans service militaire obligatoire pour les citoyens. Dans ce système, l’individu, très peu protégé par l’Etat, aussi très peu gêné par l’Etat. Jeté sans patron dans la bataille de la vie, il s’en tire comme il peut, et s’enrichit, s’appauvrit, sans qu’il songe une seule fois à se plaindre du gouvernement, à le renverser, à lui demander quelque chose, à déclamer contre la liberté et la propriété. Le plaisir de déployer son activité à toute vapeur lui suffit, même quand les chances de la loterie ne lui ont pas été favorables. Ces sociétés manquent de distinction, de noblesse ; elles ne font guère d’oeuvres originales en fait d’art et de science ; mais elles peuvent arriver à être très puissantes, et d’excellentes choses peuvent s’y produire. La grosse question est de savoir combien de temps elles dureront, quelles maladies particulières les affecteront, comment elles se comporteront à l’égard du socialisme, qui les a jusqu’ici peu atteintes.
Le second type de société que notre siècle voit exister avec éclat est celui que j’appellerai l’ancien régime développé et corrigé. La Prusse en offre le meilleur modèle. Ici l’individu est pris, élevé, façonné, dressé, discipliné, requis sans cesse par une société dérivant du passé, moulée dans de vieilles institutions, s’arrogeant une maîtrise de moralité et de raison. L’individu, dans ce système, donne énormément à l’Etat ; il reçoit en échange de l’Etat une forte culture intellectuelle et morale, ainsi que la joie de participer à une grande oeuvre. Ces sociétés sont particulièrement nobles ; elles créent la science ; elles dirigent l’esprit humain ; elles font l’histoire ; mais elles sont de jour en jour affaiblies par les réclamations de l’égoïsme individuel, qui trouve que le fardeau que l’Etat lui impose est trop lourd à porter. Ces sociétés en effet impliquent des catégories entières de sacrifiés, de gens qui doivent se résigner à une vie triste sans espoir d’amélioration. L’éveil de la conscience populaire et jusqu’à un certain point l’instruction du peuple minent ces grands édifices féodaux et les menacent de ruine. La France, qui était autrefois une société de ce genre, est tombée. L’Angleterre s’éloigne sans cesse du type que nous venons de décrire pour se rapprocher du type américain. L’Allemagne maintient ce grand cadre, non sans que des signes de révolte s’y fassent déjà entrevoir. Jusqu’à quel point cet esprit de révolte, qui n’est autre que la démocratie socialiste, envahira-t-il les pays germaniques à leur tour ? Voilà la question qui doit préoccuper le plus un esprit réfléchi. Nous manquons d’éléments pour y répondre avec précision.
Ernest Renan. La reforme intellectuelle et morale de la France (1871). Union Générale d’Éditions, 10/18, 1967, p. 167-70.
Dans le texte, jugez si les items suivants sont vrais (C) ou faux (E).
Les grands succès militaires de la Prusse font logiquement prévoir l’hégémonie de l’Allemagne en Europe.
 

Provas

Questão presente nas seguintes provas
2538500 Ano: 2016
Disciplina: Francês (Língua Francesa)
Banca: CESPE / CEBRASPE
Orgão: IRB
Provas:
Le XIXème siècle possède deux types de sociétés qui ont fait leurs preuves, et qui, malgré les incertitudes qui peuvent peser sur leur avenir, auront une grande place dans l’histoire de la civilisation. L’un est le type américain, fondé essentiellement sur la liberté et la propriété, sans privilèges de classes, sans institutions anciennes, sans histoire, sans société aristocratique, sans cour, sans pouvoir brillant, sans universités sérieuses ni fortes institutions scientifiques, sans service militaire obligatoire pour les citoyens. Dans ce système, l’individu, très peu protégé par l’Etat, aussi très peu gêné par l’Etat. Jeté sans patron dans la bataille de la vie, il s’en tire comme il peut, et s’enrichit, s’appauvrit, sans qu’il songe une seule fois à se plaindre du gouvernement, à le renverser, à lui demander quelque chose, à déclamer contre la liberté et la propriété. Le plaisir de déployer son activité à toute vapeur lui suffit, même quand les chances de la loterie ne lui ont pas été favorables. Ces sociétés manquent de distinction, de noblesse ; elles ne font guère d’oeuvres originales en fait d’art et de science ; mais elles peuvent arriver à être très puissantes, et d’excellentes choses peuvent s’y produire. La grosse question est de savoir combien de temps elles dureront, quelles maladies particulières les affecteront, comment elles se comporteront à l’égard du socialisme, qui les a jusqu’ici peu atteintes.
Le second type de société que notre siècle voit exister avec éclat est celui que j’appellerai l’ancien régime développé et corrigé. La Prusse en offre le meilleur modèle. Ici l’individu est pris, élevé, façonné, dressé, discipliné, requis sans cesse par une société dérivant du passé, moulée dans de vieilles institutions, s’arrogeant une maîtrise de moralité et de raison. L’individu, dans ce système, donne énormément à l’Etat ; il reçoit en échange de l’Etat une forte culture intellectuelle et morale, ainsi que la joie de participer à une grande oeuvre. Ces sociétés sont particulièrement nobles ; elles créent la science ; elles dirigent l’esprit humain ; elles font l’histoire ; mais elles sont de jour en jour affaiblies par les réclamations de l’égoïsme individuel, qui trouve que le fardeau que l’Etat lui impose est trop lourd à porter. Ces sociétés en effet impliquent des catégories entières de sacrifiés, de gens qui doivent se résigner à une vie triste sans espoir d’amélioration. L’éveil de la conscience populaire et jusqu’à un certain point l’instruction du peuple minent ces grands édifices féodaux et les menacent de ruine. La France, qui était autrefois une société de ce genre, est tombée. L’Angleterre s’éloigne sans cesse du type que nous venons de décrire pour se rapprocher du type américain. L’Allemagne maintient ce grand cadre, non sans que des signes de révolte s’y fassent déjà entrevoir. Jusqu’à quel point cet esprit de révolte, qui n’est autre que la démocratie socialiste, envahira-t-il les pays germaniques à leur tour ? Voilà la question qui doit préoccuper le plus un esprit réfléchi. Nous manquons d’éléments pour y répondre avec précision.
Ernest Renan. La reforme intellectuelle et morale de la France (1871). Union Générale d’Éditions, 10/18, 1967, p. 167-70.
Dans le texte, jugez si les items suivants sont vrais (C) ou faux (E).
L’auteur est au fond convaincu que la Prusse, et l’Empire Allemand qu’elle a créé, évolueront vers la démocratie socialiste.
 

Provas

Questão presente nas seguintes provas
2538499 Ano: 2016
Disciplina: Francês (Língua Francesa)
Banca: CESPE / CEBRASPE
Orgão: IRB
Provas:
Le XIXème siècle possède deux types de sociétés qui ont fait leurs preuves, et qui, malgré les incertitudes qui peuvent peser sur leur avenir, auront une grande place dans l’histoire de la civilisation. L’un est le type américain, fondé essentiellement sur la liberté et la propriété, sans privilèges de classes, sans institutions anciennes, sans histoire, sans société aristocratique, sans cour, sans pouvoir brillant, sans universités sérieuses ni fortes institutions scientifiques, sans service militaire obligatoire pour les citoyens. Dans ce système, l’individu, très peu protégé par l’Etat, aussi très peu gêné par l’Etat. Jeté sans patron dans la bataille de la vie, il s’en tire comme il peut, et s’enrichit, s’appauvrit, sans qu’il songe une seule fois à se plaindre du gouvernement, à le renverser, à lui demander quelque chose, à déclamer contre la liberté et la propriété. Le plaisir de déployer son activité à toute vapeur lui suffit, même quand les chances de la loterie ne lui ont pas été favorables. Ces sociétés manquent de distinction, de noblesse ; elles ne font guère d’oeuvres originales en fait d’art et de science ; mais elles peuvent arriver à être très puissantes, et d’excellentes choses peuvent s’y produire. La grosse question est de savoir combien de temps elles dureront, quelles maladies particulières les affecteront, comment elles se comporteront à l’égard du socialisme, qui les a jusqu’ici peu atteintes.
Le second type de société que notre siècle voit exister avec éclat est celui que j’appellerai l’ancien régime développé et corrigé. La Prusse en offre le meilleur modèle. Ici l’individu est pris, élevé, façonné, dressé, discipliné, requis sans cesse par une société dérivant du passé, moulée dans de vieilles institutions, s’arrogeant une maîtrise de moralité et de raison. L’individu, dans ce système, donne énormément à l’Etat ; il reçoit en échange de l’Etat une forte culture intellectuelle et morale, ainsi que la joie de participer à une grande oeuvre. Ces sociétés sont particulièrement nobles ; elles créent la science ; elles dirigent l’esprit humain ; elles font l’histoire ; mais elles sont de jour en jour affaiblies par les réclamations de l’égoïsme individuel, qui trouve que le fardeau que l’Etat lui impose est trop lourd à porter. Ces sociétés en effet impliquent des catégories entières de sacrifiés, de gens qui doivent se résigner à une vie triste sans espoir d’amélioration. L’éveil de la conscience populaire et jusqu’à un certain point l’instruction du peuple minent ces grands édifices féodaux et les menacent de ruine. La France, qui était autrefois une société de ce genre, est tombée. L’Angleterre s’éloigne sans cesse du type que nous venons de décrire pour se rapprocher du type américain. L’Allemagne maintient ce grand cadre, non sans que des signes de révolte s’y fassent déjà entrevoir. Jusqu’à quel point cet esprit de révolte, qui n’est autre que la démocratie socialiste, envahira-t-il les pays germaniques à leur tour ? Voilà la question qui doit préoccuper le plus un esprit réfléchi. Nous manquons d’éléments pour y répondre avec précision.
Ernest Renan. La reforme intellectuelle et morale de la France (1871). Union Générale d’Éditions, 10/18, 1967, p. 167-70.
Dans le texte, jugez si les items suivants sont vrais (C) ou faux (E).
À diverses reprises, le socialisme est présenté comme un espoir de développement et de progrès pour les sociétés.
 

Provas

Questão presente nas seguintes provas
2538498 Ano: 2016
Disciplina: Francês (Língua Francesa)
Banca: CESPE / CEBRASPE
Orgão: IRB
Provas:
Le XIXème siècle possède deux types de sociétés qui ont fait leurs preuves, et qui, malgré les incertitudes qui peuvent peser sur leur avenir, auront une grande place dans l’histoire de la civilisation. L’un est le type américain, fondé essentiellement sur la liberté et la propriété, sans privilèges de classes, sans institutions anciennes, sans histoire, sans société aristocratique, sans cour, sans pouvoir brillant, sans universités sérieuses ni fortes institutions scientifiques, sans service militaire obligatoire pour les citoyens. Dans ce système, l’individu, très peu protégé par l’Etat, aussi très peu gêné par l’Etat. Jeté sans patron dans la bataille de la vie, il s’en tire comme il peut, et s’enrichit, s’appauvrit, sans qu’il songe une seule fois à se plaindre du gouvernement, à le renverser, à lui demander quelque chose, à déclamer contre la liberté et la propriété. Le plaisir de déployer son activité à toute vapeur lui suffit, même quand les chances de la loterie ne lui ont pas été favorables. Ces sociétés manquent de distinction, de noblesse ; elles ne font guère d’oeuvres originales en fait d’art et de science ; mais elles peuvent arriver à être très puissantes, et d’excellentes choses peuvent s’y produire. La grosse question est de savoir combien de temps elles dureront, quelles maladies particulières les affecteront, comment elles se comporteront à l’égard du socialisme, qui les a jusqu’ici peu atteintes.
Le second type de société que notre siècle voit exister avec éclat est celui que j’appellerai l’ancien régime développé et corrigé. La Prusse en offre le meilleur modèle. Ici l’individu est pris, élevé, façonné, dressé, discipliné, requis sans cesse par une société dérivant du passé, moulée dans de vieilles institutions, s’arrogeant une maîtrise de moralité et de raison. L’individu, dans ce système, donne énormément à l’Etat ; il reçoit en échange de l’Etat une forte culture intellectuelle et morale, ainsi que la joie de participer à une grande oeuvre. Ces sociétés sont particulièrement nobles ; elles créent la science ; elles dirigent l’esprit humain ; elles font l’histoire ; mais elles sont de jour en jour affaiblies par les réclamations de l’égoïsme individuel, qui trouve que le fardeau que l’Etat lui impose est trop lourd à porter. Ces sociétés en effet impliquent des catégories entières de sacrifiés, de gens qui doivent se résigner à une vie triste sans espoir d’amélioration. L’éveil de la conscience populaire et jusqu’à un certain point l’instruction du peuple minent ces grands édifices féodaux et les menacent de ruine. La France, qui était autrefois une société de ce genre, est tombée. L’Angleterre s’éloigne sans cesse du type que nous venons de décrire pour se rapprocher du type américain. L’Allemagne maintient ce grand cadre, non sans que des signes de révolte s’y fassent déjà entrevoir. Jusqu’à quel point cet esprit de révolte, qui n’est autre que la démocratie socialiste, envahira-t-il les pays germaniques à leur tour ? Voilà la question qui doit préoccuper le plus un esprit réfléchi. Nous manquons d’éléments pour y répondre avec précision.
Ernest Renan. La reforme intellectuelle et morale de la France (1871). Union Générale d’Éditions, 10/18, 1967, p. 167-70.
Dans le texte, jugez si les items suivants sont vrais (C) ou faux (E).
À la, « à toute vapeur » est pris au sens figuré et signifie perfectionner les techniques de la révolution industrielle.
 

Provas

Questão presente nas seguintes provas
2538497 Ano: 2016
Disciplina: Francês (Língua Francesa)
Banca: CESPE / CEBRASPE
Orgão: IRB
Provas:
Le XIXème siècle possède deux types de sociétés qui ont fait leurs preuves, et qui, malgré les incertitudes qui peuvent peser sur leur avenir, auront une grande place dans l’histoire de la civilisation. L’un est le type américain, fondé essentiellement sur la liberté et la propriété, sans privilèges de classes, sans institutions anciennes, sans histoire, sans société aristocratique, sans cour, sans pouvoir brillant, sans universités sérieuses ni fortes institutions scientifiques, sans service militaire obligatoire pour les citoyens. Dans ce système, l’individu, très peu protégé par l’Etat, aussi très peu gêné par l’Etat. Jeté sans patron dans la bataille de la vie, il s’en tire comme il peut, et s’enrichit, s’appauvrit, sans qu’il songe une seule fois à se plaindre du gouvernement, à le renverser, à lui demander quelque chose, à déclamer contre la liberté et la propriété. Le plaisir de déployer son activité à toute vapeur lui suffit, même quand les chances de la loterie ne lui ont pas été favorables. Ces sociétés manquent de distinction, de noblesse ; elles ne font guère d’oeuvres originales en fait d’art et de science ; mais elles peuvent arriver à être très puissantes, et d’excellentes choses peuvent s’y produire. La grosse question est de savoir combien de temps elles dureront, quelles maladies particulières les affecteront, comment elles se comporteront à l’égard du socialisme, qui les a jusqu’ici peu atteintes.
Le second type de société que notre siècle voit exister avec éclat est celui que j’appellerai l’ancien régime développé et corrigé. La Prusse en offre le meilleur modèle. Ici l’individu est pris, élevé, façonné, dressé, discipliné, requis sans cesse par une société dérivant du passé, moulée dans de vieilles institutions, s’arrogeant une maîtrise de moralité et de raison. L’individu, dans ce système, donne énormément à l’Etat ; il reçoit en échange de l’Etat une forte culture intellectuelle et morale, ainsi que la joie de participer à une grande oeuvre. Ces sociétés sont particulièrement nobles ; elles créent la science ; elles dirigent l’esprit humain ; elles font l’histoire ; mais elles sont de jour en jour affaiblies par les réclamations de l’égoïsme individuel, qui trouve que le fardeau que l’Etat lui impose est trop lourd à porter. Ces sociétés en effet impliquent des catégories entières de sacrifiés, de gens qui doivent se résigner à une vie triste sans espoir d’amélioration. L’éveil de la conscience populaire et jusqu’à un certain point l’instruction du peuple minent ces grands édifices féodaux et les menacent de ruine. La France, qui était autrefois une société de ce genre, est tombée. L’Angleterre s’éloigne sans cesse du type que nous venons de décrire pour se rapprocher du type américain. L’Allemagne maintient ce grand cadre, non sans que des signes de révolte s’y fassent déjà entrevoir. Jusqu’à quel point cet esprit de révolte, qui n’est autre que la démocratie socialiste, envahira-t-il les pays germaniques à leur tour ? Voilà la question qui doit préoccuper le plus un esprit réfléchi. Nous manquons d’éléments pour y répondre avec précision.
Ernest Renan. La reforme intellectuelle et morale de la France (1871). Union Générale d’Éditions, 10/18, 1967, p. 167-70.
Dans le texte, jugez si les items suivants sont vrais (C) ou faux (E).
Aux, « sans qu’il songe une seule fois à se plaindre » signifie sans qu’il pense une seule fois à se plaindre.
 

Provas

Questão presente nas seguintes provas
2538496 Ano: 2016
Disciplina: Francês (Língua Francesa)
Banca: CESPE / CEBRASPE
Orgão: IRB
Provas:
Le XIXème siècle possède deux types de sociétés qui ont fait leurs preuves, et qui, malgré les incertitudes qui peuvent peser sur leur avenir, auront une grande place dans l’histoire de la civilisation. L’un est le type américain, fondé essentiellement sur la liberté et la propriété, sans privilèges de classes, sans institutions anciennes, sans histoire, sans société aristocratique, sans cour, sans pouvoir brillant, sans universités sérieuses ni fortes institutions scientifiques, sans service militaire obligatoire pour les citoyens. Dans ce système, l’individu, très peu protégé par l’Etat, aussi très peu gêné par l’Etat. Jeté sans patron dans la bataille de la vie, il s’en tire comme il peut, et s’enrichit, s’appauvrit, sans qu’il songe une seule fois à se plaindre du gouvernement, à le renverser, à lui demander quelque chose, à déclamer contre la liberté et la propriété. Le plaisir de déployer son activité à toute vapeur lui suffit, même quand les chances de la loterie ne lui ont pas été favorables. Ces sociétés manquent de distinction, de noblesse ; elles ne font guère d’oeuvres originales en fait d’art et de science ; mais elles peuvent arriver à être très puissantes, et d’excellentes choses peuvent s’y produire. La grosse question est de savoir combien de temps elles dureront, quelles maladies particulières les affecteront, comment elles se comporteront à l’égard du socialisme, qui les a jusqu’ici peu atteintes.
Le second type de société que notre siècle voit exister avec éclat est celui que j’appellerai l’ancien régime développé et corrigé. La Prusse en offre le meilleur modèle. Ici l’individu est pris, élevé, façonné, dressé, discipliné, requis sans cesse par une société dérivant du passé, moulée dans de vieilles institutions, s’arrogeant une maîtrise de moralité et de raison. L’individu, dans ce système, donne énormément à l’Etat ; il reçoit en échange de l’Etat une forte culture intellectuelle et morale, ainsi que la joie de participer à une grande oeuvre. Ces sociétés sont particulièrement nobles ; elles créent la science ; elles dirigent l’esprit humain ; elles font l’histoire ; mais elles sont de jour en jour affaiblies par les réclamations de l’égoïsme individuel, qui trouve que le fardeau que l’Etat lui impose est trop lourd à porter. Ces sociétés en effet impliquent des catégories entières de sacrifiés, de gens qui doivent se résigner à une vie triste sans espoir d’amélioration. L’éveil de la conscience populaire et jusqu’à un certain point l’instruction du peuple minent ces grands édifices féodaux et les menacent de ruine. La France, qui était autrefois une société de ce genre, est tombée. L’Angleterre s’éloigne sans cesse du type que nous venons de décrire pour se rapprocher du type américain. L’Allemagne maintient ce grand cadre, non sans que des signes de révolte s’y fassent déjà entrevoir. Jusqu’à quel point cet esprit de révolte, qui n’est autre que la démocratie socialiste, envahira-t-il les pays germaniques à leur tour ? Voilà la question qui doit préoccuper le plus un esprit réfléchi. Nous manquons d’éléments pour y répondre avec précision.
Ernest Renan. La reforme intellectuelle et morale de la France (1871). Union Générale d’Éditions, 10/18, 1967, p. 167-70.
Dans le texte, jugez si les items suivants sont vrais (C) ou faux (E).
À la, « sans patron » est pris ici au sens figuré : sans modèle moral, social, culturel ou historique.
 

Provas

Questão presente nas seguintes provas
2538495 Ano: 2016
Disciplina: Francês (Língua Francesa)
Banca: CESPE / CEBRASPE
Orgão: IRB
Provas:
Le XIXème siècle possède deux types de sociétés qui ont fait leurs preuves, et qui, malgré les incertitudes qui peuvent peser sur leur avenir, auront une grande place dans l’histoire de la civilisation. L’un est le type américain, fondé essentiellement sur la liberté et la propriété, sans privilèges de classes, sans institutions anciennes, sans histoire, sans société aristocratique, sans cour, sans pouvoir brillant, sans universités sérieuses ni fortes institutions scientifiques, sans service militaire obligatoire pour les citoyens. Dans ce système, l’individu, très peu protégé par l’Etat, aussi très peu gêné par l’Etat. Jeté sans patron dans la bataille de la vie, il s’en tire comme il peut, et s’enrichit, s’appauvrit, sans qu’il songe une seule fois à se plaindre du gouvernement, à le renverser, à lui demander quelque chose, à déclamer contre la liberté et la propriété. Le plaisir de déployer son activité à toute vapeur lui suffit, même quand les chances de la loterie ne lui ont pas été favorables. Ces sociétés manquent de distinction, de noblesse ; elles ne font guère d’oeuvres originales en fait d’art et de science ; mais elles peuvent arriver à être très puissantes, et d’excellentes choses peuvent s’y produire. La grosse question est de savoir combien de temps elles dureront, quelles maladies particulières les affecteront, comment elles se comporteront à l’égard du socialisme, qui les a jusqu’ici peu atteintes.
Le second type de société que notre siècle voit exister avec éclat est celui que j’appellerai l’ancien régime développé et corrigé. La Prusse en offre le meilleur modèle. Ici l’individu est pris, élevé, façonné, dressé, discipliné, requis sans cesse par une société dérivant du passé, moulée dans de vieilles institutions, s’arrogeant une maîtrise de moralité et de raison. L’individu, dans ce système, donne énormément à l’Etat ; il reçoit en échange de l’Etat une forte culture intellectuelle et morale, ainsi que la joie de participer à une grande oeuvre. Ces sociétés sont particulièrement nobles ; elles créent la science ; elles dirigent l’esprit humain ; elles font l’histoire ; mais elles sont de jour en jour affaiblies par les réclamations de l’égoïsme individuel, qui trouve que le fardeau que l’Etat lui impose est trop lourd à porter. Ces sociétés en effet impliquent des catégories entières de sacrifiés, de gens qui doivent se résigner à une vie triste sans espoir d’amélioration. L’éveil de la conscience populaire et jusqu’à un certain point l’instruction du peuple minent ces grands édifices féodaux et les menacent de ruine. La France, qui était autrefois une société de ce genre, est tombée. L’Angleterre s’éloigne sans cesse du type que nous venons de décrire pour se rapprocher du type américain. L’Allemagne maintient ce grand cadre, non sans que des signes de révolte s’y fassent déjà entrevoir. Jusqu’à quel point cet esprit de révolte, qui n’est autre que la démocratie socialiste, envahira-t-il les pays germaniques à leur tour ? Voilà la question qui doit préoccuper le plus un esprit réfléchi. Nous manquons d’éléments pour y répondre avec précision.
Ernest Renan. La reforme intellectuelle et morale de la France (1871). Union Générale d’Éditions, 10/18, 1967, p. 167-70.
Dans le texte, jugez si les items suivants sont vrais (C) ou faux (E).
À la, « les chances de la loterie » signifie les possibilités de faire fortune grâce aux jeux de hasard.
 

Provas

Questão presente nas seguintes provas